Néo-maccarthysme : les soutiens de Clinton friands de rhétorique anti-russe contre leurs opposants

Source: Reuters

Un parfum de Guerre Froide ? La Russie est maintenant très présente dans le débat sur l'élection présidentielle américaine, devenant l'épouvantail favori des partisans d'Hillary Clinton pour attaquer ses opposants.

«Il est formidable d'avoir pu voir, au cours de cette campagne, les démocrates ressusciter la rhétorique maccarthyste de la guerre froide», a déclaré le journaliste Glenn Greenwald, fondateur du site d'investigation The Intercept, durant l'émission Democracy Now présentée par Amy Goodman sur internet.

Plus tôt cette semaine, une lettre écrite par le chef de la minorité au Sénat Henri Reid adressée au FBI a été publiée. On pouvait y lire : «Je m'inquiète de la menace représentée par le gouvernement russe pour nos élections. Celle-ci est plus grande que ce que l'on peut croire et pourrait impliquer des tentatives de falsification des résultats officiels du scrutin.»

Et le mois dernier, le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a réagi au piratage des courriels du comité national démocrate (DNC) qui, après avoir été publiés par WikiLeaks, a conduit à la démission de cinq de ses cadres les plus hauts placés, dont la membre du Congrès Debbie Wasserman Schultz qui le dirigeait. «Je sais avec certitude qu'il s'agit des Russes», a affirmé Nancy Pelosi, contredisant ainsi des agents du renseignement américains. «C'est un Watergate électronique», a-t-elle ajouté.

 Une stratégie «signe de désespoir»

Le 1er août, le présentateur radio et avocat Mike Papantanio s'est confié à RT, qualifiant la stratégie de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton de «signe de désespoir». «Afin de distraire l'attention d'Hillary Clinton, de distraire l'attention du DNC, nous avons cette attaque, dans la veine de McCarthy, contre le gouvernement russe», a affirmé le présentateur. «Si vous observez bien attentivement, ils ignorent qu'ils ouvrent la porte à une nouvelle Guerre Froide dont nous nous étions enfin débarrassés. Nous avons passé cela, c'est dans les livres d'histoire», a-t-il encore indiqué.

Certains médias jouent aussi cette partition, décriant la Russie presque aussi violemment qu’en son temps, le sénateur McCarthy pourchassait les personnes soupçonnées de sympathies communistes.

Glenn Greenwald a attaqué une tribune publiée cette semaine par le New York Times intitulée «En quoi la Russie tire souvent avantage des révélations des secrets de l'occident par Julian Assange ?» en tweetant : «Est-ce que le partenariat du NYT avec WL pour publier de nombreux secrets américains signifie que les rédacteurs du NYT sont inféodés au Kremlin ?». Il faisait référence aux documents sur l'Irak et l'Afghanistan que la lanceuse d'alerte Chelsea Manning a rendu publics.

Gleen Greenwald a trouvé cela ironique étant donné que «les Clinton ont de nombreux liens avec la Russie». «Je veux dire, la Fondation Clinton et Bill Clinton ont aidé les entreprises russes à prendre le contrôle de l'industrie de l'uranium dans plusieurs endroits du monde», a-t-il rappelé, ajoutant que Bill Clinton avait «reçu beaucoup d'argent russe pour faire des discours».

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En effet, l’ex-président Clinton a reçu 500 000 dollars de Renaissance Capital, une banque russe liée au Kremlin, après s'être exprimé lors d'une conférence à Moscou. Le président russe Vladimir Poutine, alors Premier ministre, aurait alors remercié personnellement Bill Clinton par téléphone selon le Wall Street Journal.

Après les mots, le conflit nucléaire ? 

Le fondateur de The Intercept qualifie la stratégie d'Hillary Clinton de «très dérangeante», mettant en garde contre «les conséquences en cas de victoire d'Hillary Clinton, car lorsque vous dites en permanence au public que la Russie est son ennemi, qu'elle a des agents infiltrés aux Etats-Unis – à savoir toute personne qui critique la campagne d'Hillary Clinton – cela finira par avoir de nombreuses conséquences à long-terme dans la façon dont le gouvernement américain va traiter la Russie».

La problématique des attaques «néo-maccarthystes» s'est surtout développée durant l'été. Le spécialiste de la Russie Stephen Cohen a abordé le sujet durant son entretien avec la chaîne américaine CNN le 30 juillet dernier.

«Nous nous approchons d'une crise nucléaire du type de celle de Cuba avec la Russie, aux frontières de la Russie et possiblement en Syrie», a-t-il affirmé. «Et maintenant, étonnamment, les médias sont pleins de ce que nous pouvons qualifier d'attaques néo-maccarthystes sur le fait que Donald Trump serait un agent russe, qu'il serait l'outil de Vladimir Poutine», a-t-il ajouté.

Si Joseph McCarthy était républicain, ce sont bien aujourd’hui les démocrates qui accusent le challenger Donald Trump et d'autres adversaires d'être sur la même ligne politique que la Russie et son président, Vladimir Poutine.

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