France : les arrêtés anti-burkini favorisent la «stigmatisation» des musulmans selon l'ONU

Une femme en burkini sur la plage © TIM WIMBORNE Source: Reuters
Une femme en burkini sur la plage

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a estimé que les arrêtés pris contre le burkini alimentaient la «stigmatisation» des musulmans et a salué la décision de la justice française qui a invalidé cette interdiction.

«Ces décrets n'améliorent pas la situation sécuritaire; ils tendent au contraire à alimenter l'intolérance religieuse et la stigmatisation des personnes de confession musulmane en France, en particulier les femmes», a indiqué le bureau du Haut-Commissaire aux droits de l'hommes des Nations unies dans un communiqué.

«Les codes vestimentaires, tels que les décrets anti-burkini, affectent de manière disproportionnée les femmes et les filles et sapent leur autonomie en niant leur aptitude à prendre des décisions indépendantes sur leur manière de se vêtir», a-t-il encore jugé.

D'après l'agence onusienne, selon les standards internationaux des droits de l'homme, les limites à la liberté de toute personne de manifester sa religion ou ses convictions, y compris par le choix de tenues vestimentaires, «ne sont autorisées que dans des circonstances très limitées, y compris pour la protection de la sécurité publique, de l'ordre public, de la santé publique ou de la morale».

De plus, en matière de droits de l'homme, les mesures adoptées au nom de l'ordre public doivent être appropriées, nécessaires et proportionnées, rappelle le communiqué.

Une trentaine de villes du littoral méditerranéen, notamment sur la Côte d'Azur, ont interdit cet été le port du maillot de bain intégral musulman sur leurs plages, certains y voyant une provocation après l'attentat islamiste qui a fait 86 morts le 14 juillet à Nice. 

Le 26 août, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'Etat, a toutefois invalidé l'un de ces arrêtés municipaux et a averti les maires que toute interdiction du burkini devait s'appuyer sur des «risques avérés» pour l'ordre public.

Lire aussi : Le tribunal administratif de Nice suspend à son tour l'arrêté anti-burkini de la ville de Cannes

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales