«Nous ne sommes pas la salle d'attente de l'Allemagne», déclare le ministre de la Défense autrichien

© Leonhard Foeger Source: Reuters

Pour Hanz-Peter Dokozkil, la chancelière allemande Angela Merkel mène une politique irresponsable face à la crise migratoire, mettant l'Autriche voisine en difficulté. Il exhorte les pays européens à organiser d'urgence un «sommet sur ​​l'expulsion».

L'approche de la chancelière Angela Merkel sur la crise migratoire est complètement «irresponsable» car elle attire de plus en plus de migrants vers l'Europe au lieu de plafonner leur nombre, a déclaré au quotidien autrichien Krone le ministre de la Défense autrichien Hans-Peter Doskozil. 

«Ce n'est pas une politique de faire agoniser l'Europe [sous le poids de la crise migratoire] en enfouissant sa tête dans le sable», a ajouté le ministre, membre du Parti social-démocrate. Se référant à ce qu'il croit être un manque de volonté politique en Europe à proposer des solutions viables à la crise migratoire au lieu de répéter les erreurs du passé, Hanz-Peter Doskozil a déploré l'«erreur» de la chancelière allemande qui a établi une «culture de l'accueil».

En répétant son slogan «nous pouvons le faire», devenu un véritable mantra, Angela Merkel a créé un nouveau «facteur d'attraction» en stimulant l'afflux de réfugiés, a-t-il affirmé.

«Ce slogan est complètement irresponsable et contre-productif car il nuit à l'Europe dans son ensemble, y compris à l'Autriche», a tempêté Hanz-Peter Doskozil.

«L'Autriche n'est pas la salle d'attente de l'Allemagne» a-t-il poursuivi, faisant allusion au fait que de nombreux migrants franchissent la frontière autrichienne dans l'espoir de finalement s'installer en Allemagne, persuadés que les conditions d'accueil y seront meilleures.

«L'Europe a besoin d'une action urgente de ses politiques si elle ne veut pas revenir à la situation catastrophique de l'année 2015, lorsque la crise a atteint son apogée», a ensuite déclaré Hanz-Peter Doskozil. Il propose ainsi de convoquer d'urgence un «Sommet spécial sur l'expulsion [des réfugiés] au niveau européen», pour déterminer les mesures nécessaires à des négociations qui permettront de renvoyer les migrants dans leur pays d'origine.

Alors que le ministre autrichien assure que la chance de voir se tarir le flux de réfugiés réside dans l'effort commun des pays de l'UE, il doute cependant des avantages de la coopération avec la Turquie, étant donné l'état tumultueux des affaires turco-européennes après le coup d'Etat avorté du 15 juillet.

«Le gouvernement turc ne peut plus être pris au sérieux après les événements et ses récentes déclarations», a noté Hanz-Peter Doskozil, ajoutant que la délivrance de visas Schengen, qui était l'une des bases de l'accord UE-Turquie sur les réfugiés n'est pas prête d'être atteinte, étant donné que la Turquie reste très loin des normes européennes en matière de liberté et de Droits de l'Homme.

Plus tôt, le chancelier Christian Kern avait laissé entendre que l'Autriche pouvait déclarer l'état d'urgence sur la question de la crise migratoire et parvenir à négocier les accords sur la réadmission des réfugiés avec la Hongrie, la Slovénie et l'Italie.

Un tel décret permettrait aux autorités autrichiennes de refuser les réfugiés illégaux directement à la frontière, même s'ils déposent une demande d'asile.

Depuis le début de l'année 2016, 100 000 nouvelles arrivées ont été enregistrées en Autriche selon les données des postes d'observation cités par les experts du ministère de la Défense.

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