Amnesty International dénonce l'exportation d'armes ukrainiennes au Soudan du Sud

Un soldat de l'armée sud-soudanaise.© Albert Gonzalez Farran Source: AFP
Un soldat de l'armée sud-soudanaise.

Dans un communiqué récent, l'ONG humanitaire accuse certains Etats signataires du Traité sur le commerce des armes, tels que l'Ukraine et la France, d'avoir vendu du matériel ayant servi à des crimes de guerre ou à des répressions sanglantes.

«Le Traité sur le commerce des armes (TCA) a le potentiel de sauver des millions de vie, ce qui rend particulièrement alarmant le fait que des Etats ayant signé voire ratifié ce texte semblent considérer qu'ils peuvent continuer à vendre des armes à des forces commettant ou facilitant des crimes de guerre» : c'est le regret qu'exprime Briand Wood, haut responsable d'Amnesty International, dans un communiqué de l'ONG du 22 août.

D'après celui-ci, en effet, plus d'un quart des Etats ayant signé cet accord international de 2013, qui vise à poser des contraintes éthiques au commerce d'armes conventionnelles, ne respecte pas leurs obligations.

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Le communiqué d'Amnesty International s'attarde notamment sur le cas de l'Ukraine, signataire du traité, qui a approuvé en 2014 la vente de 830 mitrailleuses légères et 62 mitrailleuses lourdes au gouvernement du Soudan du Sud, engagé dans une guerre civile. De plus, Kiev a délivré en mars 2015 une licence d'exportation d'hélicoptères d'attaque Mi-24 aux autorités sud-soudanaises, et celles-ci attendent actuellement une nouvelle livraison de véhicules de ce type.

«En signant le TCA, le gouvernement ukrainien s'est engagé [...] à ne jamais transférer d'armes lorsqu'il sait que celles-ci pourraient être utilisées pour des crimes de guerre, y compris des attaques directement dirigées contre des civils» souligne Brian Wood. Or, ajoute-t-il, «il est impossible de concilier les décisions d'exportation d'armes de l'Ukraine avec ce qui se passe au Soudan du Sud, où des civils ayant trouvé refuge dans des hôpitaux et des lieux de culte (...) ont été attaqués et tués».

Fin juillet, notamment, l'agence Associated Press avait révélé l'attaque de ressortissants étrangers logeant dans un hôtel de la capitale, Djouba, par des militaires sud-soudanais.

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Amnesty International s'indigne également de la vente d'équipements militaires et policiers divers (armes légères, munitions, véhicules blindés...) à l'Etat égyptien, peu après que celui-ci a réprimé durement des mouvements protestataires.

Parmi les Etats signataires impliqués dans ces transactions se trouvent les Etats-Unis, la République tchèque, l'Italie ou encore la France. Cette dernière, note l'ONG, a accordé une licence d'exportation de véhicules blindés Sherpa en 2014, un an seulement après l'emploi de ces engins dans l'attaque des manifestants de la place Rabia-El-Adaouïa au Caire, qui a provoqué la mort de plusieurs centaines d'individus.

«Il est difficile d'imaginer comment les Etats de l'UE ayant signé le TCA aient pu constater la violente répression en Egypte et se dire que le transfert d'armes aux forces de sécurité de ce pays respectait les règles du traité», commente le responsable de l'ONG.

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