Chine : manifestation de milliers d'opposants à un projet nucléaire sino-français (PHOTOS, VIDEO)

© Capture d'écran SCMP.com

Dans l'est de la Chine, des milliers de manifestants se sont rassemblés et confrontés à la police afin d'exprimer leur opposition à un projet d'implantation d'une usine franco-chinoise de traitement de combustibles nucléaire usés.

«Construire l'usine de déchets nucléaires ici à Lianyungang, c'est la recette pour réserver des désastres aux futures générations! Les habitants ont le droit d'exprimer leur colère» à confié à l'AFP un employé d'hôtel en colère, sous couvert d'anonymat. 

Comme lui, des habitants de Lianyungang, à 480 km au nord de Shanghai, sont descendus dans les rues samedi 6 et dimanche 7 août, brandissant des banderoles et martelant des slogans devant des bâtiments publics. 

Le français Areva avait signé il y a un an avec le géant chinois du nucléaire CNNC un protocole d'accord dans le cadre d'un projet de développement d'une usine de traitement-recyclage des combustibles usés en Chine mais aucune localisation n'avait été alors dévoilée.

Néanmoins, les habitants de Lianyungang, cité portuaire de la province du Jiangsu, redoutent que leur ville soit choisie pour établir cette usine de retraitement, car une nouvelle centrale nucléaire de grande ampleur est actuellement construite à proximité par CNNC.

Une manifestation violemment dispersée par la police

Interrogé par l'AFP, un autre habitant, Monsieur Xu, a décrit des heurts violents entre la police et les manifestants.

Sur son compte de microblogs officiels, la police locale a réfuté lundi 8 août une rumeur selon laquelle elle aurait violemment battu des manifestants, entraînant la mort d'un d'entre eux.

La Chine s'impose comme le premier marché pour l'atome civil, avec 34 réacteurs en opération et 20 réacteurs actuellement en construction, selon la fédération World Nuclear Association (WNA).

Mais un nombre grandissant de manifestations illustre les inquiétudes d'une partie de la population, cinq ans après l'accident de Fukushima au Japon en mars 2011.

Le ministère chinois de l'Environnement n'a guère contribué à rassurer, en estimant dans un rapport que la situation de la sécurité nucléaire du pays ne portait pas à l'optimisme et que l'usage de différents types de réacteurs rendait le secteur difficile à gérer.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales