Les Etats-Unis lancent une campagne de bombardements contre Daesh en Libye

Des avions de chasse américains décolles d'un porte-avion © U.S. Navy Source: Reuters
Des avions de chasse américains décolles d'un porte-avion

Le chef du gouvernement libyen d'union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj a annoncé que les Etats-Unis avaient, à la demande de son gouvernement, commencé à mener des frappes aériennes contre des positions de l'Etat islamique dans son fief à Syrte.

«Les premières frappes américaines contre des cibles précises de Daesh ont eu lieu aujourd'hui […] infligeant de lourdes pertes [aux djihadistes] à Syrte», a indiqué Fayez al-Sarraj le 1er août lors d'une allocution télévisée. L'ancien fief de Mouammar Kadhafi, Syrte est tombé sous le contrôle du groupe armé État islamique à la fin de 2014.

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Les frappes américaines en Libye ont été autorisées par le président Obama. D'autres bombardements visant l'Etat islamique à Syrte auront lieu afin de «permettre au GNA de faire une progression stratégique et décisive», peut-on lire dans un communiqué publié par le Pentagone.

Ces bombardements «interviennent dans un cadre limité dans le temps», a précisé Fayez al-Sarraj, soulignant qu'elles «ne dépasseront pas Syrte et sa banlieue». Néanmoins, un membre de l'administration américaine a affirmé à des médias locaux que le Pentagone se préparait à une campagne de longue durée.

1 000 combattants de Daesh dans Syrte

Le porte-parole du Pentagone Peter Cook a indiqué que ces raids avaient «infligé de lourdes pertes» aux djihadistes. Pour être plus précis, les forces américaines ont visé la position occupée par un tank de Daesh lors d'un premier raid, puis deux véhicules de l'organisation terroriste dans un second raid, a-t-il ajouté.

Il a ensuite indiqué qu'étaient présents dans la ville de Syrte «un peu moins de 1 000 combattants de l'Etat islamique, tout du moins plusieurs centaines».

Les forces du GNA soutenu par l'ONU tentent de reprendre la totalité de la ville de Syrte dans laquelle elles sont entrées le 9 juin et où elles assiègent depuis les djihadistes. L'Etat islamique contrôle des sites stratégiques dans la ville, dont l'université, l'hôpital principal, et le centre de conférence Ouagadougou, où les combattants sont soupçonnés de stocker d'importantes réserves de vivres et de munitions.

Cinq ans après l'intervention occidentale en Libye, le pays est aujourd'hui fragmenté et affaibli. Un gouvernement d'union nationale, dirigé par Fayez el-Sarraj, a été mis en place en mars 2016 et est reconnu par la communauté internationale. Néanmoins, la région de Tripoli et la Cyrénaïque reste sous le contrôle des milices islamistes tandis que la ville de Syrte est toujours le bastion de l'Etat islamique dans le pays, malgré les efforts de l'armée libyenne pour reconquérir la zone.

Face aux difficultés rencontrées par le gouvernement d'union nationale,, la Libye a appelé la communauté internationale à l'aide, entraînant ainsi une résolution votée par le Conseil de sécurité de l'ONU en décembre dernier autorisant les pays étrangers à frapper l'Etat islamique en Libye si les bombardements sont effectués en coordination avec les autorités.

Les seules frappes américaines qui avaient visé Daesh jusqu'à présent s'étaient déroulées en février. Au cours de cette opération, Noureddine Chouchane – soupçonné d'être responsable d'attaque dans un musée et sur la plage de Sousse en Tunisie – avait été tué ainsi que deux otages serbes détenus par les terroristes dans leur camp d'entraînement.

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