Quand François Hollande attaque Trump et exhorte les démocrates à se rallier à Clinton

Eric Garault pour Les Echos
Eric Garault pour Les Echos

Dans une interview accordé au journal «Les Echos» le Président de la République française a donné son analyse de la campagne présidentielle américaine, redoutant une victoire de Donald Trump et appelant les démocrates à soutenir Hillary Clinton.

Le chef de l'Etat français, traditionnellement discret sur les questions de politiques intérieures et électorales d'un pays étranger, s'est livré cette-fois ci dans les Echos à une mise en garde claire et nette à propos de l'élection du magnat new-yorkais gagnait l'élection présidentielle américaine de 2017. Le président François Hollande estime qu'une victoire du candidat républicain Donald Trump à la présidentielle américaine «compliquerait les rapports entre l'Europe et les Etats-Unis». Un scénario tout à fait plausible selon François Hollande, arguant que «ceux qui affirment que Donald Trump ne peut pas être le prochain président des Etats-Unis sont les mêmes qui prétendaient que le Brexit ne serait jamais voté».

Le Président de la République en a aussi profité pour comparer l’ascension de Donald Trump et la montée de l'extrême droite : «ses slogans diffèrent peu de ceux de l'extrême droite en Europe et en France : peur de la déferlante migratoire, stigmatisation de l’islam, mise en cause de la démocratie représentative, dénonciation des élites... alors même que Donald Trump, par sa fortune en est l’incarnation la plus évidente».

François Hollande soutient ouvertement Hilary Clinton 

«Le meilleur service que peuvent rendre les démocrates, c'est de faire élire Hillary Clinton» affirme en revanche le chef de l'Etat français. Hillary Clinton a reçu l'investiture du parti Démocrate au début du mois de juin, mais à l'issue d'une campagne plus compliquée de prévue. La candidate a été confrontée à la concurrence à sa gauche de Bernie Sanders mais aussi à une multiplication de scandales concernant son passage comme secrétaire d'Etat ou les financements occultes de sa campagne. Ainsi, le 21 juin dernier, un pirate informatique a mis en ligne des documents confidentiels de la Fondation Clinton, révélant les difficulté qu'avait l'équipe de campagne de la candidate à justifier certaines dépenses et certaines rentrées d'argent. Par exemple un des dossier révélés s'intitule «ce que nous ignorons», et comprend des questions telles que «combien de voyages de Madame Clinton les saoudiens ont-ils financé ?»

Si François Hollande déclarait en 2012 que son «ennemi, c'est la finance», Hillary Clinton quant à elle reste très discrète sur ses relations avec les milieux financiers de Wall Street. En effet, Marc Mezvinsky, mari de la fille d’Hilary, Chelsea Clinton, a créé un fonds d’investissement il y a huit ans, après avoir travaillé chez Goldman Sachs. Or, ce fonds aurait été financé par diverses personnalités de la finance, comme... l'actuel PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein. Un sujet que la candidate démocrate évite soigneusement

Enfin, le passé d'Hillary Clinton au Secrétariat d'Etat américain refait régulièrement surface. D'abord, la candidate démocrate est accusée d'avoir utilisée à l'époque une messagerie de mail privée, mettant en péril des informations strictement confidentielles sur la politique étrangère américaine. Mais surtout, Wikileaks et Julian Assange ne cessent de mettre en ligne des milliers de documents et de mails qui contiennent un certain nombre de révélations gênantes pour Hillary Clinton. En Mai 2016, un de ces emails confidentiels est publié par Wikileaks, et on y apprends que l'ex-secrétaire d'Etat souhaitait faire chute Bachar Al-Assad «pour faire chuter Israel». 

Enfin, il y a quelques jours, Julian Assange a annoncé la publication prochaine de données très gênantes pour la candidate démocrate à la présidence américaine, des informations qui pourraient selon lui la conduire devant la justice. Ces emails révéleraient par exemple que les autorités américaines et notamment Hillary Clinton étaient déterminés à faire chuter Mouammar Kadhafi en 2011, sachant pertinemment les risques de déstabilisation dans la région. 

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