Fusillades en Macédoine : huit policiers et 15 terroristes tués

Véhicule blindé de la police macédonienne Source: Reuters
Véhicule blindé de la police macédonienne

Au moins huit agents de police et 15 terroristes ont été tués dans des escarmouches dans le quartier albanais d’une ville macédonienne à la frontière nord du Kossovo. La fusillade et les explosions se sont succédées pendant plus de 15 heures.

Les responsables macédoniens, pour l'instant, ne partagent aucune information sur les groupes armés, confirmant seulement qu’ils étaient munis de fusils sniper et de lance-grenades. 

On ne sait pas encore s’il y a des victimes civiles, les médias locaux rapportent cinq morts dans les derniers affrontements.

Environ 30 combattants ont capitulé, 15 autres tireurs auraient pu s’enfuir.

La police s'est borné à dire que les combattants du groupe armé étaient des ressortissants d’un Etat voisin résidaient illégalement en Macédoine, sans fournir plus de détails. Les médias locaux ont suggéré que le groupe provient du Kosovo qui est habité  principalement par des Albanais ethniques. 

Le groupe armé aurait été hébergé par des autochtones, d'après le ministre de l’Intérieur Ivo Kotevski.

La violence s’est déclenchée lors d’une descente de police dans le quartier albanais. Les agents ont fait face à «une résistance violente» des combattants qui les ont accueillis avec des fusils sniper, des grenades et des armes automatiques, selon la police.

«C’est une opération risquée parce que c’est un quartier aux rues étroites, la police doit mener à bien ses perquisitions de manière très prudente», a dit Kotevski à l’AFP.

Des véhicules blindés de la police ont sillonné la ville et bouclé les intersections, des hélicoptères ont survolé le quartier.

Les hommes armés ont l’intention de se livrer à des attaques sur les institutions étatiques, a informé Jankuloska.

Les habitants de la ville, principalement les femmes, les enfants et les personnes âgées, ont été évacués. «Je pensais qu’on n’aurait plus à subir ça», a dit un Albanais à la télévision albanaise. «C’est très effrayant, nous ne pouvons pas rester ici».

Le président macédonien Gjorge Ivanov a été forcé d'interrompre son séjour à Moscou pour faire face à l’incident.  

Entretemps, la pression populaire s'accroît sur le gouvernement qui est accusé d’écoutes téléphoniques illégales.

La Macédoine a été confronté aux tensions inter-ethniques lorsque des rebelles ont demandé plus de droits pour les Albanais ont pris des armes pour lutter contre le gouvernement en 2001. Le conflit a débouché sur un accord de paix qui a garanti plus de droits aux Albanais. Cependant, les tensions dans la région ne se sont pas calmées.

L’incident la plus récent s’est produit il y a moins de trois semaines quand 40 Albanais ethniques de Kosovo ont pris le contrôle d’un commissariat de police macédonien sur la frontière nord pendant une courte intervalle, appelant à créer un Etat albanien en Macédoine.

Le Kosovo s’est séparé de la Serbie après les bombardements de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999, opération lancée sans l'aval de l’ONU. L’OTAN est intervenu dans un conflit ethnique de longue date entre les séparatistes albanais et les Serbes illustré par la guerre qui opposé à l'époque les forces armées yougoslaves aux rebelles du Kosovo. Les deux parties ont perpétré des crimes haineux motivés par l'ethnicité. Aujourd’hui, la population non-albanaise au Kosovo est toujours persécutée malgré la présence de casques bleus. Des incidents majeurs semblables aux récentes confrontations avaient eu lieu en mars 2004.

Kosovo a unilatéralement proclamé son indépendance par rapport à la Serbie en 2008, restant un Etat partiellement reconnu. La Macédoine, pour sa part, a reconnu le Kosovo, notamment pour tenter d’apaiser les tensions inter-ethniques avec la population albanaise.

 

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