Plus de 1 800 migrants morts en Méditerranée depuis le début de l’année

Des migrants à bord d'un bateau près des côtes libyennes© Stringer Source: Reuters
Des migrants à bord d'un bateau près des côtes libyennes

L’Organisation Internationale des Migrations (OIM) estime que 1 829 migrants sont morts en Méditerranée depuis janvier. Ces chiffres dramatiques illustrent l’inefficacité des politiques d’immigration européennes pour endiguer ce phénomène.

Une enquête internationale a été demandée par l’OIM ce matin sur le naufrage d’un chalutier où 750 à 900 migrants sont morts dans la nuit du 18 au 19 avril. La Marine italienne a annoncé avoir retrouvé l’épave du navire qui a sombré le long des côtes libyennes.

Ces dernières semaines ont été noires en Méditerranée, avec une multiplication de naufrages meurtriers. 1 200 migrants ont trouvé la mort au mois d’avril, tandis que 6 000 naufragés ont été secourus en deux jours les 12 et 13 avril, puis 5 800 les 2 et 3 mai. Près de 900 migrants ont été repêchés par un remorqueur italien et débarqués en Sicile.

Peu convaincu par l’efficacité du dispositif de régulation de l’immigration, le premier vice-président de la Commission européenne, le Néerlandais Frans Timmermans, a estimé lors du colloque «The State of the Union» réuni à Florence, que «les résultats du Conseil européen en matière d’immigration ont été décevants», bien que le budget de l’opération de sauvetage «Triton» ait été triplé. Pourtant, la Commission européenne elle-même est au cœur de l’élaboration du cadre législatif d’ouverture des frontières communes des Etats-membres, entretenant un appel d’air pour l’immigration.

L’objet de sa déception est éclairé par les propos suivant. Il considère que l’Europe a «besoin de ces migrants, au vu de la démographie» tout en appelant les Etats-membre de l’UE à «partager le poids» de l’immigration entre eux. Ces propos, au-delà de leur contradiction manifeste, semblent faire peu de cas de la gravité de la situation économique, du niveau de chômage que subissent les Etats-membres, et des efforts déployés par certains pays, comme le Royaume-Uni, pour protéger leurs frontières.

Les peuples européens ont davantage de raisons d’être déçus, alors qu’ils assistent au spectacle honteux de ces naufrages aux portes de leur continent et subissent en même temps de plein fouet les conséquences économiques, sociales et culturelles d’une immigration incontrôlée. 

Pour contrer ce phénomène, deux dispositifs de sécurité maritime se sont succédés. D’octobre 2013 à octobre 2014, l’opération de sauvetage «Mare nostrum» a été menée par la Marine italienne jusqu’aux côtes libyennes pour un coût de 9 millions d’euros par mois. Et à partir de novembre 2014, c’est l’opération «Triton» financée par l’agence européenne Frontex à hauteur de trois millions d’euros mais dont le rayon d’action est limité aux seules eaux territoriales de l’UE.

Les résultats du rapport de l’OIM montrent une aggravation notable de la situation humanitaire Méditerranée depuis un an. Alors que depuis le début de l’année 2015 et jusqu’au 7 mai, plus de 1 800 migrants y ont péri. Pour la période sous revue en 2014, il n’y a «que» 207 morts à déplorer.

L’année dernière, ce sont plus de 3 500 migrants qui sont morts ou disparus, exploités par des passeurs. Ils fuient des zones de guerre et de crise humanitaire comme la Syrie, l’Erythrée, la Somalie, pour rejoindre l’Europe qu’ils perçoivent comme un Eldorado.

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