Des députés allemands menacés de mort après la reconnaissance du génocide arménien

Manifestants turcs devant le Bundestag Source: Reuters
Manifestants turcs devant le Bundestag

Le vote par le Bundestag de la reconnaissance du génocide arménien a provoqué l'ire de l'opinion publique turque. Et le président turc Recep Tayyip Erdogan n'a pas hésité à souffler sur les braises. Angela Merkel a décidé de répliquer.

La Turquie ne décolère pas. La reconnaissance du génocide arménien par les députés allemands le 2 juin continue de susciter de violentes critiques et les mots vont très loin. Certains élus allemands ont reçu une pluie d'insultes et même des menaces de mort.

Des menaces et des accusations de la part d'anonymes mais aussi du président turc Erdogan lui-même, qui loin de calmer le jeu, a accusé les 11 députés allemands d'origine turque qui avaient voté le texte qualifiant de génocide le massacre des Arméniens en 1915 d'être «les bras prolongés des terroristes». La colère du président turc s'est notamment concentrée sur le député allemand d'origine turque Cem Özdemir, l'un des auteurs du texte de loi et responsable du parti écologiste allemand Die Grünen.

Des propos qui ont encouragé certains citoyens turcs à se lâcher, notamment sur les réseaux sociaux, s'en prenant tout particulièrement aux députés issus de l'immigration turque en les accusant de trahison.

Les députés les plus menacés, dont Cem Özdemir, ont dû être placés sous protection policière.

Dans une autre sortie violente, Recep Tayyip Erdogan, qui a acquis la réputation de ne pas mâcher ses mots, suggérait de faire «analyser dans un laboratoire le sang des députés allemands d'origine turque» qui avaient voté la reconnaissance du génocide, afin de vérifier si ce sang était encore véritablement turc.

La déclaration a provoqué un tollé dans la classe politique allemande et le torchon brûle encore une fois entre Angela Merkel et Recep Tayyip Erdogan. Via son porte-parole Steffen Seiber, la chancelière allemande a qualifié  d'«incompréhensibles» les propos du chef de l'Etat turc. «Le Bundestag a pris une décision souveraine qu'il convient de respecter et c'est précisément dans ce sens que la chancelière a mené ses discussions avec le président turc», rappelle le porte-parole.

De son côté, la ministre allemande de l'Intégration Aydan Özoguz, qui se trouve aussi être d'origine turque, a été encore plus nette, en parlant à propos de ces accusations et a déploré un «acte incroyable qui met gravement en cause les relations germano-turques».

Le Bundestag avait adopté la résolution intitulée «Souvenir et commémoration du génocide des Arméniens et d'autres minorités chrétiennes il y a 101 ans» à la quasi-unanimité des députés présents. Des personnes présentes dans le public ont alors brandi des panneaux sur lesquels on pouvait lire «merci». L'Arménie a salué «un apport appréciable de l'Allemagne à la reconnaissance et à la condamnation internationale du génocide arménien».

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