Face aux lamentations turques, les soldats américains en Syrie vont ôter leurs écussons kurdes

Après que des photos de troupes américaines en Syrie portant l’emblème des combattants kurdes de l’YPG ont provoqué un tollé diplomatique avec Ankara, le Pentagone a ordonné de les retirer, tout en niant que ces soldats sont impliqués dans le combat.

«Porter ces insignes de l’YPG n'était pas autorisé et inapproprié, et une action corrective a été entreprise», a fait savoir vendredi le colonel Steve Warren, porte-parole américain de la coalition internationale à Bagdad via le service de presse du Pentagone. «Nous avons informé autant que possible nos partenaires et alliés militaires dans la région», a-t-il ajouté, sans citer la Turquie.

Des photos de soldats des forces spéciales américaines arborant l'insigne des Unités de protection du peuple (YPG) ont été prises mercredi 25 mai par le photographe de l'AFP Delil Souleiman, dans le village de Fatsa, situé à quelques dizaines de kilomètres au nord de Raqqa, capitale autoproclamé de Daesh.

«Il est inacceptable que des soldats américains portent l'insigne du groupe terroriste YPG. C'est de l'hypocrisie, du deux poids deux mesures», a insisté le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu en commentant les images de la discorde.

Les forces spéciales américaines ont «une longue et fière histoire» en matière du port d'insignes des alliés dans tous les coins du monde, allant de l’Afghanistan jusqu’à l’Amérique latine, afin d’«entrer en contact avec ceux qu’ils entraînent», a précisé Steve Warren, faisant échos aux propos du porte-parole du Pentagone Peter Cook. 

«Il existe des sensibilités politiques au sujet de l’organisation que l’insigne représente», a-t-il expliqué ajoutant que la Turquie est un allié important de l’OTAN et que les forces d’opérations spéciales ont besoin de prendre en compte le «contexte stratégique plus vaste».

«Les insignes n’ont en effet pas été autorisés. Nous avons fait la correction. Tout le monde tourne la page», a noté Steve Warren sans spécifier de quelle «action corrective» il s'agit.

Près de 300 soldats des forces spéciales se trouvent en Syrie, selon le Pentagone. La plupart d’entre eux assure la liaison avec ce qu’on appelle les Forces démocratiques syriennes (FDS) au nord, un groupe composé de combattants kurdes et arabes. Le colonel a précédemment souligné que les agents américains se concentrent sur les missions de conseil et d'assistance auprès des forces qui mènent la lutte contre Daesh, des membres de l'YPG pour la plupart.

Quant à l’implication des troupes américaines sur le champ de bataille, Steve Warren a assuré qu’«elles se trouvent loin de la ligne des combats», sans toutefois préciser à quelle distance de Raqqa ils se trouvent.

«Nous avons des troupes qui se trouvent à une distance assez lointaine et d’autres qui sont plus proches des combats. Je dirais qu’ils sont à 30-35 kilomètres», a signalé le représentant officiel du Pentagone.

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