Plus de 100 000 Syriens pris au piège entre Daesh et la frontière turque

Les combattants de Daesh ont lancé une offensive sur les rebelles syriens près de la frontière turque au nord de la province d’Alep, causant ainsi l’évacuation d'hôpitaux et faisant fuir des milliers de civils de la région.

Cette avancée de Daesh intervient alors que le groupe terroriste fait face à la reprise des pressions sur différents fronts, notamment près de Raqqa, sa capitale autoproclamée, où une offensive majeure menée par des forces arabo-kurdes soutenues par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis se déroule.

Dans un communiqué diffusé en ligne, Daesh a confirmé avoir lancé «une attaque surprise» jeudi soir et s'être emparé de plusieurs villages. Les terroristes auraient appris via un renseignement qu'un assaut les prenant pour cible allait être lancé par les factions rebelles soutenues par Washington au nord d’Alep, ils ont donc décidé de prendre les devants.

Les djihadistes se sont maintenant fortement rapprochés d’Azaz et de Marea, deux villes stratégiques contrôlées par les rebelles, que Daesh cherchait à reconquérir après en avoir été expulsé il y a deux ans. Ces villes proches de la frontière turque sont essentielles pour les rebelles à Alep, puisqu’elles leur permettent de recevoir de l’aide de Turquie.

Cette avancée de Daesh menace des dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats et vivant dans des camps informels dans le secteur d'Azaz, alors que la frontière avec la Turquie est fermée depuis plusieurs mois. L’Organisation Médecins sans frontières (MSF) a affirmé avoir évacué les patients et le personnel d'un hôpital qu'elle finance à Salama, une localité près d’Azaz, qui se trouve aujourd’hui seulement à trois ou quatre kilomètres de la ligne de front de Daesh.

«Nous sommes terriblement inquiets pour environ 100 000 personnes piégées entre la frontière turque et les lignes de front», a fait savoir Pablo Marco, responsable régional des opérations pour l’ONG. «Les gens n'ont nulle part où aller pour fuir tandis que les combats se rapprochent.»

Pour Gerry Simpson de l’organisation Human Rights Watch (HRW), quelque 165 000 Syriens se trouveraient actuellement bloqués près de la frontière.

Au mois d’avril, l’ONG HRW a appelé la Turquie à ouvrir sa frontière aux Syriens fuyant les combats opposant les djihadistes aux rebelles dans le nord de la Syrie. Près de dix camps de personnes déplacées ont été envahis par l’organisation terroriste depuis le 14 avril. Les djihadistes les auraient prévenus de leur arrivée avec des haut-parleurs, leur demandant de quitter la zone. 5 000 réfugiés se sont alors dirigés vers le plus grand poste frontière entre la Syrie et la Turquie, situé à proximité de la ville d’Azaz. 

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