«L'Italie est un pays mourant», constate une ministre devant le taux de natalité en chute libre

Béatrice Lorenzin, ministre de la Santé en Italie Source: Reuters
Béatrice Lorenzin, ministre de la Santé en Italie

Aux prises avec un des taux de natalité les plus bas au monde, avec le plus bas total de naissances depuis la création de l'Italie moderne en 1861, les autorités italiennes cherchent des solutions pour un peuple qui se dirige vers l'extinction.

«L'Italie est un pays mourant», a révélé la ministre de la Santé Béatrice Lorenzin, en constatant le taux de natalité en chute libre de son pays. Moins de bébés sont nés en Italie en 2015 qu'au cours de n'importe quelle année depuis la formation de l'Italie moderne en 1861. Pire, le nombre de bébés se retrouve pour la première fois sous la barre psychologique des 500 000 naissances. Pour les nouveaux parents dont les conjoints sont tous les deux d'origine italienne, on parle d'environ 400 000 nouveaux nés. Et selon l'Institut national de statistique (ISTAT), pas plus de 495 000 nouveau-nés verront le jour dans la péninsule en 2016.  

Le taux de fécondité en Italie est l'un des plus bas au monde avec 1,37 enfant par femme, et 8 naissances par 1 000 habitants. En comparaison, la moyenne de l'Union européenne est de 10 naissances par 1 000 habitants.

Les chiffres sont tellement alarmants que les experts craignent réellement que les Italiens soient un peuple en voie d’extinction. Environ 25% des Italiennes n’ont pas d’enfant, tandis que 25% n’en ont qu’un seul. Pire, les immigrés sur lesquels on a beaucoup compté pour résoudre ce problème sont de plus en plus nombreux à quitter le pays et ceux qui restent font eux aussi de moins en moins d’enfants. Les spécialistes parlent même d'un «suicide démographique», alors que 2% des femmes et 4% des hommes âgés entre 18 et 40 ans déclarent ne pas vouloir fonder de famille. Ce sont des chiffres comparables à une démographie de «temps de guerre».

Pendant ce temps, le taux de mortalité a aussi baissé, augmentant l'espérance de vie à 80,2 ans pour les hommes et 84,9 ans pour les femmes, en 2014. Le défi démographique est donc énorme pour cette économie qui connaît elle-aussi des difficultés.

«Nous sommes tout près de la zone du non-renouvèlement, alors que les morts ne sont plus remplacés par les nouveaux-nés, ce qui revient à dire que nous sommes un peuple mourant», de révéler la ministre de la Santé Béatrice Lorenzin. «Cette situation a des implications énormes dans tous les secteurs : économique, social, santé, retraites, pour ne citer que quelques exemples. Nous avons besoin d'une sonnette d'alarme et d'un changement culturel, pour retourner la situation dans les prochaines années», a ajouté la ministre. Des internautes rappellent qu'il y a longtemps que le problème est connu, mais que rien n'est fait pour autant...

Pour inverser cette tendance, le démographe Massimo Livi Bacci propose certaines mesures à adopter d'urgence : «Il faut renforcer la présence des femmes sur le marché du travail et réduire l’asymétrie homme/femme dans l’éducation des enfants et les tâches ménagères.»

Le gouvernement du Premier ministre Matteo Renzi se bat pour donner un essor économique au pays en réformant son marché du travail sclérosé, pour persuader la jeunesse italienne de ne pas émigrer. Le public semble douter de l'efficacité des mesures adoptées par le gouvernement.

Le visage de la croissance démographique varie beaucoup en fonction des régions, avec des taux supérieurs à l'Allemagne dans la région autonome de Trentin-Haut-Adige au Nord, mais avec des taux désastreux dans les régions pauvres du Sud de l'Italie, où le PIB tourne autour de la moitié de ce qu'on retrouve au Nord et au centre du pays.

La plupart des pays riches de la planète jonglent aussi avec les coûts liés à la population vieillissante et l'augmentation des bénéficiaires de la retraite, mais la situation de l'Italie, aux prises avec une troisième récession en six ans, est particulièrement vulnérable. 

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