La police belge savait depuis 2014 que les frères Abdeslam prévoyaient un «acte irréversible»

Source: AFP

Un nouveau rapport accuse les autorités du royaume de ne pas avoir placé les deux frères sous surveillance malgré le fait qu’elles savaient depuis 2014 que les futurs terroristes de Paris s’apprêtaient à commettre l’irréparable.

Présenté aux députés belges et consulté par le journal belge Le Soir et le média américain Politico, le rapport est le fruit des recherches du Comité P, l'organe de contrôle externe en charge d'évaluer le travail des services de renseignement de la Belgique.

Et ses conclusions sont sévères, puisqu'il révèle que les forces de l’ordre possédaient depuis mi-2014 des informations sur la radicalisation des frères Abdeslam, sur leur relation avec le futur kamikaze de Paris Abdelhamid Abaaoud, ainsi que sur leurs projets terroristes.

De plus, apprend-on, la police avait découvert au cours d’un interrogatoire en janvier 2015, que Salah et Brahim Abdeslam projetaient de se rendre en Syrie, rapporte Le Soir.

Malgré cela, lorsque le procureur de Belgique a réclamé la mise sur écoute des appels téléphoniques des deux hommes, l’idée a été rejetée en raison d’un «manque de ressources».

Un mois plus tard, les policiers belges ont obtenu, au détour d'une perquisition des ordinateurs et de clés USB, de nombreuses informations sur les activité téléphoniques des frères Abdeslam, mais n’en ont, là encore, pas fait usage, «ni même après Paris, ou très récemment» poursuit le rapport, cité par Politico.

L’unité antiterroriste de la police belge a ainsi failli à rentrer ces informations dans sa base de données centrale, n’étant pas sûre de savoir lequel des deux frères pouvait être lié à des organisations terroristes. Les noms de Salah et de Brahim se trouvaient pourtant chacun déjà dans le fichier, précise le rapport.

Le 21 avril 2015, la police a finalement classé le dossier sans suites, estimant que le cas des frères Abdeslam ne nécessitait pas d’enquête plus poussée.

Dans ses conclusions, le Comité P pointe du doigt l’amateurisme des fonctionnaires, le manque de ressources mais également le manque de connaissance du personnel en ce qui concerne la gestion des informations classifiées.

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