Poutine accuse les Etats-Unis de soutenir des combattants du Caucase du Nord

Vladimir Poutine, le président russe© Alexeï Drouzhinine Source: RIA NOVOSTI
Vladimir Poutine, le président russe

Dans un documentaire relatant ses 15 ans de pouvoir, Vladimir Poutine a affirmé que des communications interceptées dans les années 2000 avaient révélé des contacts directs entre les séparatistes du Caucase du Nord et les services secrets américains.

 «Le président» est un film documentaire de deux heures diffusé dimanche par la chaîne de télévision russe Rossia 1, dans lequel Vladimir Poutine intervient pour raconter les moments les plus mémorables des 15 ans qu’il a passés à la tête de la Russie.

Et le président russe y a fait une déclaration pour le moins surprenante. «Nos services secrets ont tout simplement détecté des contacts directs entre les combattants du Caucase du Nord et les représentants des services secrets américains en Azerbaïdjan», a expliqué Vladimir Poutine.

«Quand j’en ai parlé au président américain, il a répondu…désolé pour mon langage mais il a dit : "Je vais leur botter les fesses" ». C’est ainsi que Vladimir Poutine a relaté la réaction de George W. Bush lors de leur conversation. Quelques jours plus tard, les dirigeants du FSB russe ont reçu une lettre de leurs collègues américains qui affirmaient qu’ils avaient le droit de soutenir les forces d’opposition en Russie.

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«Quelqu’un là-bas, en particulier les services de renseignements occidentaux, pensait évidemment que s’ils agissaient pour déstabiliser leur adversaire géopolitique qui, comme nous le comprenons aujourd’hui, a toujours été pour eux la Russie, cela vaudrait mieux pour eux. Il s’est avéré que ce n’était pas vrai», a laissé entendre Vladimir Poutine en ajoutant qu’il avait mis en garde l’Occident sur les dangers potentiels qu’il y avait à soutenir des terroristes.

L’attitude de l’Occident vis-à-vis de la Russie figurait également parmi les éléments discutés dans ce documentaire. «J’ai parfois l’impression qu’ils n’aiment la Russie que lorsqu’elle a besoin d’aide humanitaire», a souligné Vladimir Poutine. «Les soi-disant cercles dirigeants, les élites politiques et économiques de ces pays nous apprécient seulement lorsque nous sommes sans le sou, pauvres et que nous devons mendier. Quand nous commençons à définir nos propres intérêts, ils ressentent une sorte de rivalité géopolitique. Qui apprécierait cela ?», a encore ajouté le maître du Kremlin.

Vladimir Poutine a aussi qualifié le rattachement de la Crimée à la Russie de rétablissement d’une «justice historique». Il a aussi affirmé qu’il avait basé sa décision sur les aspirations des habitants de la péninsule. «Si la population souhaite revenir en Russie et ne veut pas être dirigés par des néo-nazis, des nationalistes radicaux et des partisans de Bandera, nous n’avons pas de droit de les laisser tomber. Ce n’est pas parce que nous voulions voler quelque chose. Ce n’est même pas à cause de l’importance stratégique de la Crimée pour la mer Noire».

Vladimir Poutine a également abordé les défis auxquels il a fait face quand il est devenu président pour la première fois. Lorsque l’interviewer a suggéré que la Russie était dirigée par un groupe d’oligarques dans les années 1990, le président ne l’a pas contredit. «Ils sont venus dans mon bureau, se sont assis devant moi et m’ont dit : "Est-ce que tu comprends que tu ne seras jamais le vrai président ?" Je leur ai répondu qu’on verrait», a relaté le président russe. Vladimir Poutine n’a pas expliqué concrètement comment il avait agi avec les oligarques mais s’est contenté de préciser qu’il avait «utilisé différents moyens».

Le président russe a qualifié le doublement du PIB russe et le triplement du revenu moyen parmi ses meilleures réussites de ces 15 dernières années. La situation démographique s’est aussi améliorée, a-t-il relevé. En 1999, la Russie perdait un million d’individus chaque année, alors que maintenant elle enregistre une croissance démographique naturelle depuis deux ans.

«Quand on réfléchit à tout ça, on ne peut pas s’empêcher d’être satisfait», reconnaît Vladimir Poutine.

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