Comment le FBI manipule des musulmans américains et les accuse de terrorisme

© Jessica Rinaldi Source: Reuters

Le FBI est accusé d’avoir piégé un jeune musulman vulnérable et de le poursuivre pour terrorisme, rapporte le magazine The Intercept. L’agence aurait recruté des informatrices pour qu’elles recueillent des informations sur internet.

La cible de l’opération du FBI était Khalil Abou Rayyan, résident du Michigan. Lorsqu’il a fait connaissance en ligne avec une informatrice prénommée «Ghaada», il est tout de suite tombé amoureux d’elle. Sans même se rencontrer, ils sont allés jusqu’à parler de mariage, d’enfants et de leur futur.

Mais Ghaada a décidé de mettre un terme à cette relation, brisant le cœur de Khalil. Mais quelque temps plus tard, toujours sur internet, le FBI lui a envoyé une autre femme, «Fiancée Jannah», pour panser ses blessures, rapporte The Intercept.

Khalil lui a ouvert son cœur et lui a confié qu’il voulait se suicider et qu’il avait même acheté la corde pour se pendre. Entrevoyant la possibilité de faire pression sur le jeune homme, compte tenu de son état de vulnérabilité, Fiancée Jannah a détourné la conversation pour voir s’il pensait à blesser d’autre personnes en lui posant la question suivante : «Quelle pensée est plus importante pour toi maintenant, te blesser ou blesser quelqu’un d’autre ?»

Malgré les insinuations du FBI, Khalil n’a montré aucune pensée violente à l’égard d’autre personnes comme sa réponse en atteste : «Je ne voudrais pas blesser quelqu’un d’autre…mais en même temps, si je le faisais à moi-même, je n’aurai plus de problèmes», a-t-il répondu.

Une autre tentative de piéger Khalil a aussi échoué. Fiancée Jannah a feint d’être intéressée par le djihad. Pour l’impressionner, le jeune homme a prétendu qu’il avait acheté un AK-47 pour tirer dans une église, mais que son plan avait échoué. Il a aussi affirmé avoir essayé de se rendre en Syrie mais il s’est avéré par la suite que ces deux histoires n’étaient que pures inventions car il ne possédait pas d’armes et aucune preuve qu’il avait acheté un billet d’avion pour se rendre en Syrie n’a jamais été découverte.

Mais le gouvernement américain a estimé que ces histoires étaient suffisantes pour perquisitionné la maison du jeune homme quelques mois plus tard. Et même si les forces de police n’ont rien trouvé de compromettant, elles ont accusé Khalil de possession illégale d’une arme de poing, qui d’après l’avocat du jeune musulman, a été achetée dans le seul et unique but de pouvoir se défendre en cas de besoin. Elles l’accusent en outre d’être un sympathisant de Daesh, toujours en l’absence d’une preuve tangible qui pourrait le laisser croire.

Le FBI utilise plus de 15 000 informateurs pour ses enquêtes liées au contreterrorisme, rapporte The Intercept et la plupart des enquêtes récentes ont eu pour but de débusquer des sympathisants présumés de Daesh.

 

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