La Bulgarie enquête sur plusieurs «chasseurs de migrants» après la diffusion d'une vidéo choquante

La vidéo, présentée comme une "arrestation citoyenne" montre trois migrants terrorisés, face contre terre à qui l'on dit de rentrer chez eux.© Capture d'écran Facebook
La vidéo, présentée comme une "arrestation citoyenne" montre trois migrants terrorisés, face contre terre à qui l'on dit de rentrer chez eux.

Alors que des images de citoyens armés ligotant des réfugiés pour les forcer à retourner en Turquie ont circulé sur la toile, les autorités bulgares, accusées de fermer les yeux sur les milices anti-migrants, passent à l’action.

Le ministère de l’Intérieur a indiqué le 12 avril que Dinko Valev, un lutteur semi-professionnel qui s’était vanté, plus tôt dans l’année, d’avoir séquestré des migrants, avait été convoqué par les enquêteurs pour être entendu.

Les autorités ont par ailleurs affirmé avoir arrêté une membre d’une milice qui serait responsable d’une vidéo, diffusée cette semaine, où l’on voit des réfugiés, face contre terre, ligotés par des civils armés qui leur ordonnent en anglais «No Bulgaria ! Go back to Turkey !» (« Pas de Bulgarie ! Retournez en Turquie»).

Au moins 30 000 personnes ont tenté d’entrer dans le pays depuis la Turquie en 2015, malgré la mise en place d’une clôture de fils barbelés sur une portion de la frontière. En reaction à cet afflux, plusieurs groupes de citoyens bulgares ont été formés afin de patrouiller le long de la frontière, pour arrêter et parfois dépouiller les migrants tentant de rejoindre le pays.

En savoir plus : Les autorités bulgares ont autorisé les militaires à faire feu sur les migrants à la frontière

De son côté, le gouvernement a été accusé, non seulement de fermer les yeux sur la présence de ces milices sur son territoire, mais également de les encourager.

Le Premier ministre Boyko Borissov avait notamment déclaré : «Toute aide à la police, à la police frontalière et à l’Etat est la bienvenue.» Des propos interprétées par certains comme une forme de soutien aux groupes d’auto-défense.

De façon similaire, le chef de la police frontalière, Antonio Angelov a lui aussi été accusé après avoir déclaré, à propos de Bulgares qui avaient dénoncé des migrants aux autorités : «Je veux les encourager parce qu’ils ont réagi de manière très appropriée.»

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