La légion d'honneur décernée à un évadé fiscal ? Le prince saoudien rattrapé par «Panama papers»

Source: AFP

Reçu en grande pompe au mois de mars à Paris pour y recevoir la plus haute distinction honorifique de la France, le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed ben Nayef, voit son nom cité dans le scandale d'évasion fiscale «Panama papers».

Le prince héritier, également ministre de l’Intérieur d’Arabie Saoudite, détient des comptes en banque dans plusieurs paradis fiscaux, à travers des compagnies basées au Panama et la branche parisienne de la banque suisse UBS. Ouverts en octobre 2007, l’une de ces sociétés et son compte associé ont été clôturés depuis plus de deux ans. Wikileaks a mis en ligne deux séries de documents relatifs à ces comptes.

«Des banquiers d'UBS ont utilisé des sociétés offshore afin d'ouvrir des comptes pour le prince héritier d'Arabie saoudite. Le 1er octobre 2007, la succursale parisienne de la banque suisse achète les sociétés panaméennes Alyneth Limited et Havelock Capital Corporation. Deux jours plus tard, Mohammad ben Nayef est désigné mandataire des deux sociétés et de leurs comptes bancaires chez UBS», informe Le Monde, se référant au Lab d'Europe 1

Mohammed ben Nayef n'est toutefois pas le seul de la famille royale saoudienne a avoir été cité dans cette affaire. Le roi d'Arabie saoudite lui-même, Salman Al-Saoud est également cité dans le scandale financier. Ce dernier a effectué, à travers deux sociétés offshore situées aux îles Vierges britanniques (IVB), Inrow Corporation et Verse, une transaction immobilière d'un montant de 26 millions de dollars, et une autre de 8 millions de dollars, afin d'acquérir de luxueuses propriétés dans le centre de Londres. 

11,5 millions de documents révélés et des centaines de milliers de personnes éclaboussées, dont des chefs d'Etats, des politiques, des sportifs de haut niveau et autres personnalités richissimes : ce scandale sans précédent risque de laisser des traces. Le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, géant spécialisé dans la domiciliation de sociétés offshore, a subi une gigantesque fuite de documents confidentiels, dévoilés par 107 journaux de 76 pays, coordonnés par le Consortium international des journalistes d’investigation.

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