Le copilote du vol FlyDubai travaillait sous une pression énorme a confirmé à RT un de ses collègues

Capture d'ecran, http://vistanews.ru
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Alejandro Alava, le copilote du vol FZ981 qui s'est écrasé le 19 mars, devait travailler malgré un état de fatigue avancé afin de ne pas perdre d'argent, a révélé à RT un pilote qui déclare être un actuel employé de FlyDubai.

Après les révélations de l'ancien capitaine de la compagnie à RT, indiquant que les équipages de FlyDubai étaient forcés de travailler malgré leur épuisement, plusieurs pilotes ont confirmé ces informations. L'un des témoignages, obtenus par RT, émane d’une personne qui déclare travailler actuellement comme pilote à FlyDubai. Alors qu’il craint des représailles de son employeur, il a demandé à que son récit demeure anonyme.

Selon lui, depuis que le lanceur d’alerte a quitté la compagnie, «la situation a empiré». «La pression de la direction et des responsables sur les pilotes est énorme», a-t-il souligné.

Le capitaine de bord, qui travaillerait à FlyDubai depuis plusieurs années, indique que les conditions salariales de la compagnie incitent le personnel à ne pas prendre de congés maladie. Ainsi, les pilotes qui décident de ne pas voler à cause de leur état de santé ou de fatigue perdraient rapidement beaucoup d’argent, ce qui les place dans une situation difficile vu le coût de la vie élevé à Dubaï.

«Malheureusement, les gens volent même quand ils sont inaptes à travailler pour cause de maladie. Et ils volent même extrêmement fatigués. Chacun a sa famille, ses enfants et sa femme, aussi que des prêts à rembourser. Alors, la pression financière devient personnelle», a-t-il expliqué.

D’après lui, c’était bien le cas précis du copilote du vol FZ981 Alejandro Alava. «C’est un fait, que j’ai appris d’un ami proche de sa femme, qu’il ne voulait pas aller travailler car il était trop fatigué. Mais il a dit qu’il devait y aller parce qu'ils avaient des jumeaux, qu’ils avaient besoin d’argent», a-t-il indiqué.

La fatigue pourrait mener à de graves incidents, a prévenu le pilote, en ajoutant que cela concerne surtout les destinations où les services au sol ne sont pas si efficaces ou fiables que leurs collègues en Europe ou aux Etats-Unis. «Flydubai vole vers des zones de conflits, en Afghanistan. Nous volons vers des régions instables en Afrique… Cela augmente le risque. Et quand il y a un pilote fatigué qui doit prendre des décisions rapides et précises, c’est dangereux. Flydubai pousse depuis longtemps les limites d’opérations délicates.»

La compagnie aérienne, non seulement ferme les yeux sur les conditions harassantes de travail des équipages, mais préfère aussi que les incidents mineurs, causés par la fatigue, ne soient pas rapportés. D’après le capitaine, plusieurs de ses collègues ont appris à être silencieux face aux problèmes, alors que certains, qui ont tenté de soulever des questions, ont dû quitter FlyDubai. «La compagnie n’aime pas licencier le personnel pour ne pas donner de base aux plaintes ou aux gens voulant parler à la presse», a-t-il indiqué, en ajoutant que les pilotes démissionnent d’eux-mêmes car on leur promet des indemnités de fin de contrat.

Anecdote sinistre : le personnel avait l'habitude de plaisanter qu’il faudrait perdre un avion avant que la situation n’évolue enfin.

Le même pilote a fourni à RT des captures d’écran de commentaires de ses collègues, publiés sur un compte privé de Facebook suite au crash du Boeing 737 à Rostov-sur-le-Don. Ils confirment l’ambiance pesante dans la compagnie, dénoncée par plusieurs sources. Ainsi, une personne a proposé d’appeler un strip-teaseur en uniforme de policier russe à la prochaine réunion avec le pilote-chef.

Alors qu’une personne a également partagé l’article de RT concernant les révélations de leur ex-collègue, les commentateurs ne pensent pas que cela changera grand-chose. «Je me demande s’ils vont y répondre ou tout simplement l'ignorer», a écrit un autre.

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