Quand les terroristes frappaient Moscou, les médias mainstream leur trouvaient des excuses

La tragédie de Domodedovo a coûté la vie à 37 personnes. Source: Reuters
La tragédie de Domodedovo a coûté la vie à 37 personnes.

Il y a cinq ans, un attentat suicide à l’aéroport de Domodedovo tuait 37 personnes. A l’époque, la Russie luttait contre les islamistes du Caucase. Une situation semblable à celle de Bruxelles qui a donné lieu à un traitement médiatique... différent.

Funeste écho à un passé pas si lointain. L’attentat suicide qui a ôté la vie à 14 personnes à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem mardi 22 mars, rappelle un autre événement tout aussi macabre. Il y a cinq ans, le plus fréquenté des aéroports moscovites se muait en tombeau. 37 vies volées par le même terrorisme islamiste. En 2011, Daesh n’existait pas encore, mais Dokou Oumarov, leader de l’«Emirat du Caucase» faisait déjà régner la terreur à l’Est. Même mode opératoire, même fanatisme mais traitement médiatique différent. Pour Bruxelles, la presse se montre quasi unanime. La solidarité prime. Haro sur l’immonde et ces ignobles terroristes. Pour Moscou, certains nuançaient leur indignation. La «brutalité» de la lutte contre le terrorisme avait provoqué la riposte.

Des «veuves noires» vengeresses

Le jour même de la tragédie, The Guardian publiait un article à l’analyse étrange. En plus d’attaques répétées contre un gouvernement russe qui aurait raconté «des contes de fées» à sa population, le quotidien britannique parlait d’une violence disproportionnée en réaction à la menace terroriste : «Les républiques d’Ingouchie, de Tchétchénie et du Daghestan, où les insurgés opèrent, sont le théâtre d’une guerre civile avec son lot d’attaques sur la police et les forces de sécurités locales. Le Kremlin a répondu à cette menace avec une brutalité caractéristique.» Pour rappel, l’attentat de Domodedovo s’est déroulé moins d’un an après les attaques du métro de Moscou, qui elles-mêmes ont fait 39 victimes.

Le carnage avait été perpétré par deux femmes kamikazes. De quoi faire dire à ABC News, le 24 janvier 2011, que ces dernières passent souvent à l’acte pour «venger» leurs proches : «Les kamikazes, souvent des femmes, en provenance de Tchétchénie ou du Daghestan sont surnommées “les veuves noires”. Elles ont souvent la volonté de venger la mort de leurs proches, tuées par les forces fédérales.»

Le Huffington Post, connu pour ses positions anti-russes, était allé encore plus loin. Pour le média en ligne, les régions rebelles du Caucase étaient en partie composées d’islamistes «insurgés séparatistes» qui ont «été aux prises avec l’autorité russe pendant plus de 15 ans». Drôle de manière de présenter la lutte contre le terrorisme.

Certains médias français n’étaient pas en reste. En premier lieu Libération. Le quotidien, dont le traitement des guerres de Tchétchénie avait été particulièrement hostile à Moscou, s’est démarqué par son analyse de l’attentat de Domodedovo. Sa correspondante soulignait que «des défenseurs des droits de l’Homme rappelaient que chaque terroriste en Russie a été instrumentalisé d’une manière ou d’une autre par le Kremlin à des fins politiques». Avec en ligne de mire, encore et toujours, Vladimir Poutine.

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