L'Eglise orthodoxe russe du Quai Branly enfin coiffée de sa majestueuse coupole dorée

© Capture d'écran Ruptly

La coupole principale de la Sainte Trinité a été fixée au sommet de l'édifice, le 19 mars. A 37 mètres du sol, elle sera bientôt entourée de quatre «petites» coupoles renforçant l'identité architecturale de ce lieu spirituel et cultuel russe.

A quelques encablures de la Tour Eiffel, l'église orthodoxe désormais ornée d'une coupole dorée ne passe pas inaperçue. Et pour cause, si elle s'inscrit en parfaite harmonie dans le paysage parisien, elle y apporte une touche architecturale authentique, rappelant le riche patrimoine culturel russe.

En Russie, il y a un proverbe qui dit : Chaque personne qui a visité Paris la garde dans son cœur. Et aujourd'hui, nous pouvons dire avec fierté que la Russie sera au cœur de Paris

L'impressionnante opération de pose de la coupole a ainsi marqué cette inauguration à laquelle plusieurs personnalités russes et françaises ont assisté. Côté russe, l’ambassadeur Alexandre Orlov, l’évêque Nestor, futur locataire du lieu, le directeur général des affaires de l’administration présidentielle, Alexandre Kolpakov et le vice-premier ministre russe, Sergueï Prikhodko étaient présents. Ce dernier a exprimé la reconnaissance des autorités russes à l'ensemble des participants à ce projet, à l'instar de Bouygues bâtiment. Il a enfin terminé son allocution en rappelant un proverbe russe. «En Russie, il y a un proverbe qui dit : Chaque personne qui a visité Paris la garde dans son cœur. Et aujourd'hui, nous pouvons dire avec fierté que la Russie sera au cœur de Paris». 

Je veux saluer la mémoire des soldats russes qui ont combattu, il y a cent ans, sur le sol français aux côtés de nos armées. Leur rôle fut décisif lors de la bataille de la Marne qui sauva Paris. Et c'est parfaitement légitime que depuis 2011, on trouve un mémorial de l'autre côté de la Seine, près du Grand Palais, qui honore la mémoire des soldats du corps expéditionnaire russe qui ont combattu lors de cette Première Guerre mondiale

Côté français, Bernard Mounier, directeur général de Bouygues Bâtiment Ile-de-France, Jean Wilmotte architecte du projet et Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, avaient ont également fait part de leur joie de voir s'ériger ce nouveau monument au sein de la capitale. Le représentant du gouvernement a tenu à rappeler, entre autres, la vieille amitié qui lie la France et la Russie, faisant une référence à la Première Guerre mondiale. «Je veux saluer la mémoire des soldats russes qui ont combattu il y a cent ans sur le sol français aux côtés de nos armées. Leur rôle fut décisif lors de la bataille de la Marne qui sauva Paris. Et c'est parfaitement légitime que depuis 2011, on trouve un mémorial de l'autre côté de la Seine, près du Grand Palais, qui honore la mémoire des soldats du corps expéditionnaire russe qui ont combattu lors de cette Première Guerre mondiale», a-t-il notamment déclaré. 

Mais avant d'en arriver là, le chemin des porteurs de ce projet a été semé d'embûches. L'ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë, ne portant pas le projet dans son coeur – il avait qualifié son architecture de «parodie» – aurait tenté d’empêcher la délivrance d'un permis de construire, explique le site d'architecture le Courrier de l'architecte. Le projet aurait aussi coincé sur le plan architectural : la première esquisse de l’architecte espagnol d’origine russe, Manuel Nunez Yanowski, prévoyant une immense canopée de verre, avait rencontré une ferme opposition de Bertrand Delanoë. En outre, le projet aurait également posé quelques contraintes sur le plan sécuritaire. Les services de renseignement français auraient ainsi obtenu que des systèmes de brouillages soient déployés sur la zone.

Pourtant, le destin du futur centre orthodoxe russe à Paris aurait été scellé dès 2007, lorsque le président Nicolas Sarkozy, fraîchement élu, a rencontré le Patriarche Alexis II. Avant son décès, en décembre 2008, ce dernier était parvenu à convaincre le président français de la nécessité de construire un grand centre religieux russe à Paris, le seul lieu de culte orthodoxe russe d’envergure étant la cathédrale Alexandre Nevski dans le 8e arrondissement de la capitale française. 

Pour Moscou, il s'agit surtout de favoriser le rayonnement de la Russie comme un acteur majeur dans le paysage orthodoxe français, qui compte environ 500 000 fidèles. 

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