Le Charlie Hebdo britannique publie une caricature choquante de l'enfant décapité à Moscou

© Capture d'écran Twitter

Alors que le gouvernement russe a qualifié d'«odieuse» la caricature de l'enfant décapité par sa nourrice à Moscou publié par le magazine britannique Vive Charlie, ce dernier a expliqué qu'il voulait seulement «défendre la liberté d'expression».

La web-magazine Vive Charlie a été créé sur la toile britannique à la suite des attaques terroristes commises en janvier 2015 à Paris contre le siège du célèbre journal satirique Charlie Hebdo. Dans sa Une, il a récemment caricaturé l'incident sordide survenu à Moscou le 29 février dernier, lorsqu'une femme en hijab a brandi la tête décapitée d'un enfant en pleine rue.

Le dessinateur de la caricature a expliqué au média russe Lifenews que son but était seulement d'«informer les Britanniques de l'horreur qui s'est passée», de «défendre la liberté d'expression» et non «de rire» de la cruauté de ce crime, car selon lui, «personne au Royaume-Uni n'était au courant» de ce dernier avant de voir la caricature.

Mais si le comité de rédaction de Vive Charlie espérait susciter la controverse, il a surtout réussi à toucher la sensibilité des internautes russes. «C'est au dessus de tout ! Qui peut publier des choses comme ça ?», s'insurge un utilisateur de Twitter.

Pour un autre twittos, la caricature «n'arrive pas à la cheville de la nullité de Charlie-Hebdo :

Si le caricaturiste a souhaité par ailleurs «apporter ses condoléances à la famille du nourisson assassiné», niant en bloc l'aspect provocateur que pourrait avoir son dessin, il persiste à dire que c'est justement sa caricature qui a attiré l'attention des Britanniques sur ce drame.

L'homme affirme que des tirages supplémentaires pourraient sortir prochainement. Pour lui, «tout dépend de la réaction des médias et du public à la situation. Si les gens continuent à ignorer ce qui est arrivé, nous allons faire de nouvelles caricatures».

Pendant ce temps, la député de la Douma, la chambre basse du parlement russe, Olga Batalina a vu dans la-dite publication des «efforts appuyés pour brouiller les fondements moraux de la société». Elle considère que «les gens doivent réagir négativement à ce genre de dessin, afin qu'à l'avenir, une publication aussi cruelle n'apparaisse pas dans les médias».

La députée a ajouté que «le succès potentiel de ce genre de caricature dépend du bon sens des lecteurs. Si ces derniers considèrent que ce genre de moquerie n'est pas acceptable, la probabilité de voir ces dessins dans la presse en sera réduite».

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Le 29 février dernier, au matin, des passants ont remarqué une femme vêtue d'un hidjab noir près de l'entrée de la station de métro Oktiabrskoïe pole, au nord-est de Moscou. Au bout d'un moment, la femme, d'origine ouzbèke, a extrait un objet de son sac – plus tard identifié comme la tête d'un enfant – et a commencé à proférer des menaces terroristes. Quelques instants plus tard, elle était arrêtée par la police.

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Peu de temps après, le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a conseillé aux gens de prendre avec prudence les différentes explications de la femme qui est selon lui atteinte de «schizophrénie démente».

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