Elections égislatives en Irlande : l’austérité et les partis au pouvoir en passe d'être sanctionnés

- Avec AFP

Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, qui posait tout sourire en déposant son bulletin de vote hier, déchantera sans doute au moment de la publication des résultats© Clodagh Kilcoyne Source: Reuters
Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, qui posait tout sourire en déposant son bulletin de vote hier, déchantera sans doute au moment de la publication des résultats

Selon les sondages officiels de sortie des urnes, les deux partis au pouvoir seraient les grands perdants du scrutin, qui s'est largement caractérisé par une volonté d’alternance et un ras-le-bol vis-à-vis des restrictions imposées par Bruxelles.

Le parti de centre-droit Fine Gael, et celui de centre-gauche Labour, membres de la coalition actuellement au pouvoir en Irlande, seraient très loin de la majorité absolue nécessaire pour être reconduits, selon le sondage Ipsos Mori/Irish Times publié à la fermeture des bureaux, vendredi 26 février à 22 heures.

Fine Gael, la formation du Premier ministre, dont le Secrétaire général a reconnu que le vote était «un jour très décevant du point de vue du gouvernement», est créditée d’environ 26,1% des voix, soit 10 de moins que lors des précédentes élections législatives de 2011. Quant à son partenaire travailliste, il dégringole lui aussi de 11% pour atteindre 7,8% des suffrages.

Selon ces résultats provisoires, les instituts de sondages évaluent entre 55 et 68 le nombre de sièges que ces deux partis obtiendraient, bien loin des 80 nécessaires pour obtenir une majorité absolue.

Sinn Fein, parti nationaliste de gauche, deviendrait lui le troisième parti du pays, avec environ 15% des voix.

L’austérité en ligne de mire

Les sondages réalisés à la sortie des urnes marquent par ailleurs une nette hausse des petits partis, des candidats indépendants et plus généralement des mouvements opposés à l’austérité.

Selon l’AFP, quelques 3,2 millions d’Irlandais se seraient rendus dans les bureaux de vote, ce qui représente un taux de participation d'environ 70%.

Les témoignages récoltés sur place par l'agence de presse française mettaient en avant les conséquences de l’austérité imposée depuis la crise économique, qui avait frappé de plein fouet l'ancien «tigre celtique». Les mesures prises consistaient notamment en des baisses de salaires et de nouvelles taxes, comme par exemple sur l’eau.

Depuis 2013, lorsque les résultats de l’économie et de la croissance ont commencé à s’améliorer en Irlande, de nombreux citoyens réclament que la reprise, qui bénéficie surtout aux multiples multinationales américaines des secteurs de l'informatique et de la pharmacie profitant du faible taux d'imposition sur les sociétés pratiqué par le pays, se matérialise enfin dans leur quotidien.

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