«Ok, grand frère» : des coups de téléphone indiquent que l’armée turque coopère avec Daesh

© Sertac Kayar Source: Reuters

Une autre preuve des liens entre militaires turcs et combattants de Daesh opérant à la frontière turco-syrienne a été révélée par le journal Cumhuriyet, publiant de nouvelles transcriptions de conversations entre djihadistes et officiers.

Les documents, a-t-on indiqué, sont issus d’une affaire en cours sur Daesh et ayant été portée devant les tribunaux à Ankara.

L’enquête a été motivée après que six citoyens turcs ont rapporté à la police que leurs proches avaient rejoint les rangs des terroristes. En conséquence, au moins 19 personnes sont passées sous surveillance et les procureurs ont mis en accusation 27 individus. Le quotidien turc avait déjà diffusé un première fournée de documents en décembre.

Des nouvelles transcriptions téléphoniques diffusées lundi par le quotidien seraient des conversations entre des soldat turcs et Mustafa Demir, un membre de Daesh qui a un rôle considérable à frontière entre la Syrie et la Turquie.

«Les transcriptions et les documents de l’enquête ont révélé que Demir a reçu de l’argent... de contrebandiers à la frontière et coopéré avec des officiers dans le cas des passages [de la frontière]», a indiqué Cumhuriyet.

La première transcription, traduite en anglais par le quotidien Today’s Zaman, présente Demir en train de parler avec un militaire turc.

-[…] Où t’es, grand frère ? Là où je t’ai dit ?

-Oui, on t’a aussi vu, tes hommes…

- C’est possible pour vous d’organiser une rencontre pour que je parle au commandant ici, concernant le business ? On pourrait peut-être se mettre en contact ici, comme nous vous avons aidé...

-Bien [...] Je vais demander maintenant. J’ai deux postes militaires ici. Si on en arrive au pire, je le dirai au commandant de la station et il jettera un coup d’œil.

Dans une autre transctiprion, Demir a apparemment un entretien avec un autre officier turc qui lui dit être, avec ses camarades, «dans le champ de mines» et l’appelle à le rejoindre immédiatement.

«On en a, viens ici, de ce côté, les hommes sont ici», indique la transcription.
 «Ok grand frère, j’arrive. C’est cet endroit où j’ai donné une voiture au lieutenant Burak ?», a répondu Demir.

Il a été rapporté que Mustafa Demir a des liens étroits avec le leader du groupe terroriste Ilhami Bali, considéré comme le responsable des attentats suicides qui ont frappé la capitale turque Ankara en octobre dernier, faisant plus de 100 morts.

Conséquences des révélations de Cumhuriyet

Ce n’est pas la première affaire de coopération entre l’armée turque et les combattants de Daesh révélée par le quotidien Cumhuriyet. En mai, il avait dévoilé que le convoi turc apparemment touché par une frappe aérienne au nord-ouest de la Syrie transportait des armes pour des organisations terroristes.

En novembre, le rédacteur en chef du journal, Can Dündar et le chef des bureaux d’Ankara, Erdem Gül ont été arrêtés et sont aujourd’hui à la prison de Silivri, en attente de leur procès. Les procureurs turcs demandent une peine d’emprisonnement à vie pour les deux journalistes.

Dündar et Gülsont condamnés pour avoir «recueilli des documents secrets à des fins d’espionnage politique et militaire», ainsi que pour «essayer de renverser le gouvernement turc».

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