Le cousin de Mouammar Kadhafi à RT : la Libye est anéantie un peu plus chaque jour

Ahmed Kadhaf ad-Dam
Ahmed Kadhaf ad-Dam

Dans une interview exclusive, le cousin de l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Ahmed Kadhaf ad-Dam, a expliqué à RT que cinq ans après la révolution, la Libye s'était transformée en berceau du terrorisme.

«Ce jour-là [le 17 février, début de la révolution libyenne], la Libye s’est changée, du pays stable et sécurisé qu’elle était, en une nation dévastée, dont la population a dû quitter ses maisons. Les prisons sont saturées par des dizaines de milliers de prisonniers – hommes et femmes. La Libye, qui était à l’époque à l’avant-garde de tout le continent et dont l’autorité était respectée dans le monde, est devenue un pays vassalisé et humilié», a expliqué Ahmed Kadhaf ad-Dam, ancien général de l’armée libyenne.

Maintenant, d’autres pays décident de son destin, a-t-il regretté. «Nous en sommes arrivés là dans la douleur, les larmes, les morts, les destructions, matérielles comme morales. Ce que nous voyons aujourd’hui après cinq années extrêmement difficiles est le résultat des actions de l’OTAN, venue pour détruire notre pays», a ajouté le général avant d'ajouter: «Ensuite, ils sont partis, ont commencé à regarder la situation de loin et à appointer les membres du gouvernement».

La révolution a-t-elle apporté les résultats auxquels tout le monde s’attendait ? D’après les dires de l’ancien général, non, pas du tout. Au contraire. Elle a privé le peuple du pouvoir. Il assure que si le colonel Kadhafi était resté au gouvernail, il n’y aurait pas eu de victimes incessantes, de crise des réfugiés et d’emprise islamiste sur une grande partie du pays.

Le pouvoir du peuple

Il en est convaincu : le pouvoir n’appartenait pas à Mouammar Kadhafi. «La Libye s’appuyait sur le pouvoir du peuple, le pouvoir des congrès et comités populaires, sorte de parlements dans chaque village, chaque quartier, chaque rue. Kadhafi était le leader de la révolution». Le but de l’intervention de l’OTAN était le suivant, estime-t-il : éliminer Kadhafi. Sans cela, la Libye ne se serait jamais retrouvée dans une telle situation. «La chute d’un pouvoir révolutionnaire s’appuyant sur le peuple n’aurait pas eu lieu. Il n’y avait pas de tyran», a-t-il déclaré à RT.

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Mais avec quel but en tête l’Occident a-t-il décidé d’intervenir dans le pays ? «Malheureusement, tout cela ressemble à un plan que l’Occident aurait de détruire l’islam, comme il a détruit le communisme après la Seconde Guerre mondiale. Ils pensaient que le danger provenait du communisme. Ils l’ont brisé et ont ensuite décidé que le nouveau danger, c’était l’islam», met en avant Ahmed Kadhaf ad-Dam. Et c’est pourquoi, estime-t-il, ils s’en sont pris à l’islam en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye, au Yémen et jusqu’à la Bosnie, jusqu’à l’Albanie, jusqu’au Nigeria. «Où sont les amis de la Libye ? Où est la démocratie, où sont les droits de l’Homme? Où sont les rêves, pour lesquels nos jeunes gens ont péri quand ils entendaient les "amis" de la Libye ? Où sont-ils ? La Libye est anéantie un peu plus chaque jour», a exprimé à regrets l’ancien général de l’armée libyenne.

Ahmed Kadhaf ad-Dam
Ahmed Kadhaf ad-Dam

Le bilan ? «La Libye s’est transformée en centre du banditisme, du vol, du pillage, de la mafia internationale et de l’extrémisme», selon le cousin de Mouammar Kadhafi.

La parole à l’ONU ?

Ahmed Kadhaf ad-Dam a appelé l’ONU à mener une enquête impartiale sur certains événements de 2011, comme les opérations militaires, qui ont d'après lui été menées en violation évidente de nombreuses résolutions, ou encore sur la zone d’exclusion aérienne qui n’était qu’une couverture pour livrer du matériel aux combattants islamistes dans le pays.

«Que s’est-il passé ? Pourquoi a-t-on outrepassé les pouvoirs conférés par les résolutions de l’ONU ? La Ligue arabe, qu’a-t-elle fait ? Pourquoi n’a-t-elle pas envoyé en Libye une délégation qui aurait mené une enquête impartiale sur ces évènements ? Pourquoi l’ONU n’a-t-elle pas envoyé de délégation ?» Autant de questions que se pose Ahmed Kadhaf ad-Dam mais qui restent, à l’heure actuelle, sans réponse.

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