Crise de confiance : la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Libye vue par Moscou

Source: Reuters

RT France revient sur la résolution de l’ONU autorisant une intervention occidentale en Libye, à laquelle Moscou n’a pas opposé son veto, persuadée de l'absence de calculs politiques, entrainant la méfiance de la Russie à l'égard de ses partenaires.

17 mars 2011 : le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 1973, qui permet aux pays qui le souhaitent de «prendre toutes les mesures nécessaires […] afin de protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne». Deux jours plus tard, les avions français entrent dans l’espace aérien de la Libye et commencent leur campagne de bombardements sur le pays, rapidement rejoints par d’autres pays de l’OTAN.

Selon les forces militaires libyennes et d’autres sources sur place, plusieurs infrastructures civiles sont détruites lors des frappes occidentales ciblant présument les forces de Kadhafi, qui font également de nombreuses victimes parmi la population, y compris des femmes et des enfants.

La Russie, possédant le droit de veto car membre permanente du Conseil de sécurité, appelait dès le début de la discussion du projet de résolution à assurer «la sécurité inconditionnelle des civils». Les membres du Conseil de sécurité ont assuré Moscou ne pas vouloir entamer devéritable intervention militaire dans le pays. Néanmoins, certains passages de la résolution 1973 «ouvrent potentiellement une voie vers l’intervention militaire», alors que «pendant les débats nous avons reçu l'assurance de l’absence de ces intentions», a déclaré au lendemain de l’adoption du texte le représentant permanent de la Russie à l’ONU Vitali Tchourkine.

Le responsable a en plus souligné que le travail effectué sur le document n’était pas conforme aux pratiques du Conseil de sécurité, ayant «laissé sans réponse les questions de la Russie et des autres membres du Conseil quant aux […] règles et limites de l’application de la force».

Après le début de l’opération militaire de l’OTAN «Odyssey Dawn» le 19 mars 2011, Vladimir Poutine, Premier ministre de la Russie à l’époque, a qualifié la résolution 1973 d'«incomplète et invalide», en comparant les actions des pays occidentaux à une «croisade moderne».

2011 : Vladimir Poutine dénonce l’usage qui a été fait de la résolution 1973 de l’ONU

Le désormais actuel président a aussi souligné que la Russie n’avait pas opposé son veto au texte car il était censé protéger les civils. L'intervention militaire qui a suivi a été subie comme un affront porté aux Russes, qui ne souhaitaient en aucun cas l'usage de la force.

Cet épisode a marqué le début d’une crise de confiance entre la Russie et l’OTAN, en provoquant en même temps un conflit inédit au sein de l’administration russe : le président Dmitri Medvedev a qualifié les propos de Vladimir Poutine sur la «croisade»  d’«inadmissibles», alors que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a soutenu la résolution 1973 tout en notant qu’elle ne sanctionnait pas une intervention militaire dans la guerre civile en Libye.

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