«L’OTAN porte toute la responsabilité politique et légale de ce qui se passe en Libye maintenant»

Capture d'écran d'une vidéo de RT
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Alors que le seconde fils de Kadhafi a été condamné à mort aujourd’hui, le membre du Conseil égyptien des affaires étrangères Ayman Salama estime que le chaos actuel dans le pays est complètement de la faute de l’intervention de l’OTAN en 2011.

RT : En 2011 les bombardements de l’OTAN ont pris pour cible la maison de Saïf Kadhafi en Libye en essayant de l’éliminer. Est-ce que la cour de Tripoli s’occupe du sale boulot de l’Occident maintenant ?

Ayman Salama : Malheureusement, le but de l’intervention de l’OTAN, de l’intervention internationale en 2011 était de renverser Kadhafi. Cependant, en Libye, tout le domaine politique, législatif et judiciaire est témoin du chaos, de l’insécurité, du terrorisme, de la séparation des pouvoirs et même de l’intimidation pas seulement des civils, mais aussi des institutions. Autrement dit, aucun expert dans le monde ne supposera que les conséquences de l’intervention de l’OTAN en Libye sont positives ou fructueuses. Le problème ce n’est pas seulement la chute de Kadhafi, de sa dictature qui a duré environ 42 ans, mais quelles-en sont les profits aujourd’hui ? Nous, en Egypte, sommes directement et gravement touchés par le chaos, l’insécurité et l’instabilité. Entre parenthèses, le terrorisme s’est répandu dans tout l’Etat libyen, malheureusement.

RT : Et concernant les conséquences : on retourne en 2011, quand Mouammar Kadhafi a été retrouvé et tué. La réaction d’Hillary Clinton est assez révélatrice : «Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort». Et le chaos dans lequel la Libye s’est plongée ce temps-là nous montre cette attitude, n’est-ce pas ?

Ayman Salama : Oui, je voudrais dire, que la Libye se trouve dans le désordre et le chaos. Les islamistes et les djihadistes interviennent dans l’Etat et prennent le contrôle de la situation. On peut comparer la situation à ce qui se passe en Syrie où les groupes terroristes détruisent l’Etat-même. Cette situation s’applique à la Libye. Toutes ces conséquences négatives – l’insécurité, l’instabilité résultent dans les verdicts choc d’aujourd’hui, ce qui pourrait être décrit comme une parodie de procès ou un procès de vengeance.

RT : Toutefois, si nous regardons l’intervention de 2011, les bombardements, le renversement de Kadhafi,  tout cela aurait dû apporter une meilleure stabilité pour la Libye. Y a-t-il eu un élément positif à en ressortir ? Autrement dit, comment les prévisions ont-elles pu se tromper à ce point ? Toute personne intelligente, les services de renseignement, auraient dû savoir ce qui se passerait. Comment en est-on arrivé à ce point-là ?

Ayman Salama : L’OTAN porte toute la responsabilité politique, légale et morale de ce qui se passe en Libye actuellement. Quand l’OTAN est intervenue dans le pays, elle n’a prévu aucune stratégie post-conflit, aucune stratégie après le renversement de Kadhafi. La chute de Kadhafi était tellement facile à effectuer. Mais le problème c’était de créer une nouvelle nation, des institutions, des organisations en Libye, ce qui n’a pas été mis en œuvre par l’OTAN. 

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