Malgré les avertissements alarmistes, les partisans du Brexit ne démordent pas au Royaume-Uni

Des outils de campagne des pro-Brexit © Neil Hall Source: Reuters
Des outils de campagne des pro-Brexit

De Barack Obama à Donald Tusk, en passant par la JP Morgan, nombre de représentants politiques et de financiers ont mis en garde le Royaume-Uni face aux risques encourus par le pays. Mais les Britanniques ne semblent pas être intimidés.


Parmi les avertissements les plus sévères, on retrouve celui de la banque américaine Goldman Sachs, qui a par ailleurs donné plusieurs centaines de milliers de livres destinés à financer la campagne du «oui» du référendum. Dans une analyse publiée le 4 février visant à avertir qu’en cas de Brexit, la monnaie britannique pourrait être fortement dévaluée. Selon les financiers américains, la sortie de l’UE du Royaume-Uni pourrait «interrompre totalement et de façon abrupte l’afflux de capitaux et ainsi accroître la vulnérabilité du déficit» britannique, entraînant une «chute de la livre sterling comprise en 15 et 20%».

Mais ce n’est pas la seule banque située outre-Atlantique à soutenir financièrement, et dans l’opinion le «oui». En effet, le directeur de la célèbre JP Morgan, Jamie Dimon, a déclaré : «Le Royaume-Uni a été très accueillant pour les entreprises financières et [son appartenance à l’Union européenne] a un tant soit peu bénéficié à Londres. Nous aimerions rester ici, mais si on ne peut pas, on ne peut pas». La JP Morgan, qui emploie Tony Blair comme conseiller, représente 19 000 postes au Royaume-Uni. La Morgan Stanley, ainsi que la Bank of America, devraient aussi participer financièrement au camp européiste.

Plusieurs responsables politiques européens ont aussi alerté sur les possibles conséquences néfastes que pourraient représenter la sortie du Royaume-Uni de l’Union. Donald Tusk, président du Conseil européen, a mis en garde contre un «risque d’éclatement» de l’UE ; Manuel Valls a affirmé que cela «marquerait le début d'une dislocation irréversible» et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, ne veut même pas «envisager sérieusement que la Grande-Bretagne puisse quitter l'Union européenne».

Le 2 février dernier, le président américain Barack Obama a appelé David Cameron afin de lui «réaffirmer le soutien des Etats-Unis à un Royaume-Uni fort dans une Union européenne forte» selon les mots de la Maison Blanche. Washington aide depuis longtemps le Royaume-Uni à occuper un rôle central dans l’économie européenne et a mis en garde le pays sur le fait que cette «relation spéciale» pourrait être mise à mal, si le royaume quittait l’UE. 

Malgré ces prévisions alarmistes et ces craintes, une partie importante de l’opinion britannique ne partage pas l’avis des firmes financières et des hommes politiques européens. Après un pic à 45% d’opinions favorables à la sortie de l’UE le 4 février dernier, contre 36% en faveur du statu quo lors d’une étude YouGov, l’institut ComRes a donné, le 14 février, une prévision légèrement en retrait pour le camp de la sortie (41%). Les britanniques indécis, qui représentaient 19% pour l’étude YouGov et 10% pour ComRes, feront très certainement la différence lors du scrutin, qui devrait se dérouler en 2017, et qui s’annonce serré.


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