Les Etats-Unis accusent l'Arabie saoudite et la Turquie de lutter trop passivement contre Daesh

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter Source: Reuters
Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter

Pour le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, les alliés des Etats-Unis, et particulièrement l'Arabie saoudite et la Turquie, n'en font pas assez contre Daesh.

C’est une déclaration qui tranche avec les habitudes américaines. Souvent prompts à mettre en avant la coopération entre les 65 pays formant la coalition contre Daesh - dont le slogan est d’ailleurs «une mission, plusieurs nations» - les Etats-Unis ont dénoncé les membres de la coalition antidjihadiste qui «ne font rien du tout» pour combattre le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie.

C’est lors d’une interview à la chaîne CNBC en marge du Forum économique de Davos en Suisse que le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a ainsi critiqué ses alliés. «Beaucoup (de membres de la coalition) ne font pas assez, ou ne font rien du tout», a dénoncé Ashton Carter sans pour autant citer les récalcitrants. «Nous pouvons faire beaucoup nous-mêmes... (mais) nous souhaitons que les autres fassent leur part», a-t-il ajouté.

Dans une autre interview avec la chaîne Bloomberg TV, Ashton Carter a même qualifié l'alliance antidjihadiste de «soi-disant» coalition. La frustration du secrétaire d’Etat semble semble avant tout dirigée contre ses partenaires du Golfe. «Nous avons besoin que les autres assument leurs responsabilités, personne ne devrait faire cavalier seul», a-t-il fustigé, visant clairement l’Arabie saoudite – sans la nommer - engagée dans une autre guerre contre les rebelles chiites houthis au Yémen, qui aspire une partie de son effort militaire.

Ces critiques d’Ashton Carter interviennent alors que le secrétaire d’Etat à la Défense vient de passer une semaine en Europe, où il a tenté de persuader ses alliés d'accroître leurs efforts contre l'EI.

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Il a, à cette occasion, tancé son allié turc, réclamant à Ankara de renforcer considérablement la sécurité à sa frontière syrienne. Le pays «possède une frontière poreuse pour les combattants étrangers dans les deux sens», a critiqué Carter. «Ainsi je pense que les Turcs pourraient faire plus».

L'exaspération d’Ashton Carter pourrait refléter une pression venue de Washington, où l'administration Obama est critiquée pour son manque d'efficacité dans la lutte contre l'EI qui dure depuis août 2014. 

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