Les prix du pétrole, sanctions : Moscou accueille le Forum économique international annuel

Dmitri Medvedev Source: Sputnik
Dmitri Medvedev

Le forum Gaïdar, où des hauts responsables du pays ainsi que des économistes et des businessmen ont participé pour aborder plusieurs problèmes actuels, s’est tenu mercredi à Moscou. RT France présente les citations les plus marquantes de l’événement.

Le forum Gaïdar présente l'occasion aux responsables politiques et des affaires, économistes et experts étrangers de se réunir à Moscou et discuter de l’économie russe, qui rencontre des difficultés à l’heure actuelle, vu la baisse du rouble et du coût du pétrole, et des sanctions économiques européennes. Le slogan du Forum de cette année tient en une phrase «La Russie et le monde : le regard vers l’avenir».

Sur les prix du pétrole

Le pétrole, qui a chuté mardi pour la première fois depuis 2003 en-dessous des 30 dollars le baril, représente un autre problème pour l’économie du pays. Les prix du pétrole chutent même plus rapidement qu’en 1998, au moment où le pays a fait défaut sur sa dette. Selon ministre du développement économique Alexeï Oulioukayev, ces prix resteront bas pour encore un moment.

«Selon la logique des marchés, plus le prix chute aujourd’hui, plus il est plus probable qu’il rebondisse demain. Et ce n’est pas le plus grand risque. Le plus grand risque c’est que ces prix resteront bas pendant des années, des décennies. Et cela implique des décisions importantes, liées à des changements structurels de l’économie.»

Joe Watt, d’un des principaux cabinets d'audit financier Ernst & Young, est du même avis. «Je crois qu’il y a beaucoup d’imperfections sur le marché pétrolier et personne ne sait vraiment, tout dépend des nouvelles technologies qui apparaissent, des conséquences de décisions politiques, des variations entre valeur réelle et boursière des cours du pétrole et les effets combinés de toutes ces choses réunies».

«Le consensus général ici consiste à ce que les prix bas vont se poursuivre pendant quelque temps. La plupart des gouvernements ont pris beaucoup d’engagements expliquant ce qu’ils allaient faire, ils ont besoin d’argent, les prix sont bas, la production doit donc être élevée, la raison pour laquelle la Russie n’a jamais autant produit depuis la chute du mur. Il s’agit juste de générer le plus de revenus possibles, pour tenir les promesses faites par les gouvernements. Les membres de l’OPEP vont annoncer qu’ils réduiront la production afin d’augmenter les prix, puisque cela pèse sur leur économie. Ainsi je ne vois pas rien de fondamental qui va changer.»

Sur les relations entre l’UE et la Russie

Selon le Premier ministre Medvedev, une coopération accrue entre l’UE et la Russie est possible si des efforts conjoints basés sur la logique économique dans l’intérêt de chacun sont entrepris.

«Je suis sûr qu’au bout du compte, la bon sens gagnera, les sanctions seront une chose du passé, et les relations entre la Russie et l’Union européenne reviendront à la normale. Nous sommes prêts à rétablir une interaction naturelle avec les pays de l’Union européenne. L’Europe est notre voisin le plus proche, le partenaire économique le plus important, nos échanges de marchandises s’évaluent toujours en centaines de milliards d’euros malgré les sanctions.»

Sur les sanctions

Les sanctions imposées contre la Russie sapent l’autorité des institutions internationales de commerce, y compris l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a annoncé le Premier ministre Dmitri Medvedev.

«La situation s’aggrave puisque ces conditions sont dictées par la politique et la géostratégie, des règlements sont parfois ignorés ou réécrits pour des raisons conjoncturelles, comme le Fonds monétaire international l’a récemment fait avec l’Ukraine. Cela se manifeste également dans la question des sanctions économiques adoptées à l’encontre de notre pays. Elles sont imposées par différents pays, ce qui par principe sape l’autorité des institutions de commerce, comme l’OMC.

Sur la question ukrainienne

La Russie et l’UE doivent trouver une résolution commune en ce qui concerne le conflit ukrainien pour mettre un terme à tous les différends, a annoncé le chef de la représentation de l'UE à Moscou Vigaudas Oušackas.

«Pour arriver à une vision commune et créer une confiance mutuelle, il est nécessaire de trouver une réponse conjointe à la question ukrainienne. C’est notre voisin commun, nous avons les accords de Minsk, dont l’application intransigeante nous aidera à commencer à normaliser les relations entre l’UE et la Russie.»

Sur l’année 2015

L’économie russe n’a jamais dû faire face simultanément à des enjeux aussi puissants qu’en 2015, a noté Dmitri Medvedev.

«L’année dernière a vraiment été difficile, peut-être la plus difficile de cette dernière décennie. Notre économie n’a pas fait face à de tels défis depuis longtemps, qui sont conjugués, tels que la chute des prix du pétrole, la pression des sanctions et une tendance au changement du paradigme de l’économie mondiale.»

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