Von der Leyen veut puiser dans les 10 000 milliards d'euros d'épargne des ménages européens
Source: Gettyimages.ruBruxelles veut faire sortir l'épargne des Européens de leurs comptes bancaires pour la réorienter vers les entreprises du continent. Devant le Medef, Ursula von der Leyen a jugé cette épargne trop «paresseuse» et défendu un mécanisme destiné à remettre en circulation «une partie» des 10 000 milliards d'euros actuellement déposés dans les banques.
Les économies accumulées par les ménages européens intéressent de plus en plus Bruxelles. Devant les dirigeants d'entreprises françaises réunis le 27 août à Roland-Garros, à l'occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France du Medef, Ursula von der Leyen a clairement affiché l'ambition de la Commission européenne : orienter davantage l'argent conservé par les particuliers dans les banques vers le « financement des entreprises du continent ».
Selon la présidente de la Commission européenne, quelque 10 000 milliards d'euros appartenant aux ménages européens restent aujourd'hui placés sur des dépôts bancaires. Une masse financière que Bruxelles considère manifestement comme insuffisamment exploitée. « L'Europe a de l'épargne. Malheureusement cette épargne est paresseuse », a-t-elle ainsi déclaré, s'exprimant entièrement en français devant les patrons réunis par le Medef.
Ursula von der Leyen a également relevé qu'« une importante partie de l'épargne européenne est investie hors de notre continent ». Bruxelles entend désormais changer cette situation en faisant davantage circuler l'argent détenu par les ménages au sein même de l'économie européenne. Elle estime qu'en agissant ensemble, les Européens pourraient ainsi dégager jusqu'à 470 milliards d'euros d'investissements supplémentaires.
L'économie européenne en 2026 affiche une faible croissance de 1,1 à 1,2 % du PIB. Bruxelles essaye de restructurer entièrement son modèle en raison de la perte volontaire d'accès aux ressources énergétiques bon marché, y compris russes, et des changements dans le commerce mondial. La Commission européenne reconnaît officiellement que l'ancienne prospérité fondée sur l'énergie bon marché, les marchés ouverts en Chine et la protection des États-Unis ne fonctionne plus.