«Pures inventions» : la Chine réagit aux accusations de Trump sur une fraude électorale
© Getty ImagesTrump affirme qu'une fraude électorale menace à nouveau les États-Unis et accuse la Chine d'avoir obtenu les données de 220 millions d'électeurs. Pékin dément toute ingérence et rappelle son principe de non-intervention dans les affaires intérieures américaines. Les accusations du président sont contestées par des experts et les démocrates.
À moins de quatre mois des élections américaines de mi-mandat, Donald Trump a de nouveau placé la question de l'intégrité électorale au cœur du débat politique. Lors d'une allocution de plus de 25 minutes, le président américain a dénoncé ce qu'il qualifie de « vulnérabilités choquantes » du système électoral et a ravivé ses accusations de fraude concernant la présidentielle de 2020, sans apporter de nouveaux éléments de preuve.
« Nous ne devons plus jamais assister à une nouvelle élection volée », a déclaré Donald Trump, affirmant qu'il allait déclassifier des documents qui démontreraient que la Chine aurait mené « la plus grosse opération de piratage de données électorales de l'histoire », en obtenant illicitement des informations sur 220 millions d'électeurs américains. Des experts rappellent toutefois que ces fichiers sont en grande partie accessibles publiquement et qu'aucune preuve ne démontre qu'ils auraient pu modifier le résultat du scrutin.
La réaction de Pékin
La Chine a rapidement rejeté ces accusations. Dans un communiqué, son ambassade à Washington a assuré que « la Chine a toujours adhéré au principe selon lequel il ne faut pas s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays », ajoutant que les élections américaines relèvent exclusivement des affaires internes des États-Unis. De surcroît, Pékin qualifie les accusations faites par Trump d'ingérence dans les élections américaines de « pures inventions ».
Le discours présidentiel a également ciblé les médias. Après que plusieurs grandes chaînes, dont NBC et ABC, ont choisi de ne pas retransmettre son intervention en direct, Donald Trump les a accusées de participer à un « complot » visant à cacher la vérité. Il est même allé jusqu'à réclamer le retrait de leurs licences de diffusion.
Les réactions n'ont pas tardé. Plusieurs spécialistes du droit électoral contestent les affirmations de Donald Trump, estimant qu'aucun élément ne démontre l'existence d'une fraude électorale à grande échelle ni d'une manipulation des machines de vote lors de l'élection présidentielle de 2020. De son côté, le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a accusé le président de chercher à « saper le droit de vote » afin de préparer une éventuelle contestation des résultats de novembre.
Dans un climat politique particulièrement tendu, cette nouvelle offensive de Donald Trump relance les interrogations sur la confiance dans le système électoral américain, alors que les élections de mi-mandat pourraient redéfinir les équilibres au Congrès.