Même l’Ukraine n’en veut pas : Kiev refuse les blindés obsolètes de l’armée irlandaise

Même l’Ukraine n’en veut pas : Kiev refuse les blindés obsolètes de l’armée irlandaise
Véhicule blindé tactique léger RG32M Outrider. [Crédit : réseaux sociaux]
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Officiellement, Kiev refuse les 27 blindés tactiques légers RG32M Outrider offerts par l'Irlande faute de filière de formation. Officieusement, l’Ukraine refuse des véhicules réputés défaillants, qui prenaient la poussière dans les hangars de Dublin depuis 2009. Une offre embarrassante, qui met aussi à mal la neutralité militaire irlandaise.

L’Ukraine a décliné l’offre du gouvernement irlandais, qui proposait de fournir à ses forces armées 27 véhicules blindés tactiques légers RG32M Outrider. Sans doute pour ne pas froisser ses « alliés » occidentaux, le ministère ukrainien de la Défense a justifié cette décision en invoquant des raisons techniques : ces engins ne figurent pas dans l’arsenal ukrainien et leur déploiement nécessiterait la création d’un système spécifique de formation des équipages, de maintenance et d’approvisionnement en pièces détachées.

Cependant, étant donné que l’armée ukrainienne a importé à plusieurs reprises des armements de tous types proposés par les pays occidentaux, la réticence de Kiev pourrait s’expliquer par un autre facteur : selon le journal irlandais Irish Times, les véhicules blindés proposés par Dublin, acquis par l’Irlande il y a déjà 17 ans, se sont révélés obsolètes et peu fiables. Le quotidien a souligné que ce matériel, fabriqué par la société sud-africaine BAE Systems Land Systems South Africa, aujourd’hui disparue, avait suscité des critiques dès sa mise en service.

Bien que ces véhicules de combat aient obtenu de meilleurs résultats lors des essais que des véhicules similaires fabriqués par des constructeurs italiens et suisses, leurs pannes fréquentes, leur manque de fiabilité et leur mauvaise réputation les ont condamnés à passer la majeure partie de leur existence dans des entrepôts après leur acquisition en 2009. Les forces armées irlandaises se sont plaintes de dysfonctionnements au niveau de la transmission et des équipements électriques, ce qui a conduit à une utilisation très limitée de ces engins, y compris dans le cadre de missions de maintien de la paix. Finalement, en 2024, ils ont été définitivement retirés du service et placés en stockage.

La position « neutre » de l’Irlande effondrée ?

Depuis le début de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine, l’Irlande a tenté d’agir conformément à sa politique de neutralité militaire. À ce titre, Dublin ne fournissait jusqu’ici à Kiev qu’une aide non létale : véhicules de transport, engins de déminage et gilets pare-balles. Cependant, la proposition de fournir des véhicules de combat, certes obsolètes mais équipés de mitrailleuses, signifie en réalité, selon l’Irish Times, un abandon de la politique de neutralité militaire par les autorités irlandaises. Les responsables irlandais cités par le journal estiment toutefois que cette nouvelle proposition ne contredit pas la politique de neutralité du gouvernement, qui affirme vouloir soutenir Kiev sans franchir certaines lignes.

Pendant ce temps, l’aide au régime ukrainien continue d’affluer : le 30 juin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé l’octroi de 3,9 milliards d’euros à l’Ukraine pour l’achat de drones, dans le cadre du programme européen de 90 milliards d’euros prévu pour la période 2026-2027. Cette enveloppe fait suite à une première tranche de 3,2 milliards d’euros, annoncée plus tôt. Les pays de l’OTAN, selon Politico, ont également manifesté leur volonté de renforcer leur implication dans le conflit ukrainien, en prévoyant une aide militaire de 70 milliards d’euros pour l’année en cours, puis au moins la même somme l’année suivante.

La Russie, quant à elle, condamne toute aide militaire et financière fournie à l’Ukraine par les pays occidentaux. Moscou estime que les livraisons d’armes et le soutien en matière de renseignement impliquent directement les pays de l’OTAN dans le conflit, prolongent les combats et constituent un obstacle à d’éventuelles négociations de paix.

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