JPMorgan envisage un «scénario finlandais» pour l'Ukraine
Source: Gettyimages.ruLe Centre de géopolitique de JPMorgan estime que l'issue la plus probable du conflit ukrainien passera par un modèle inspiré de la position de la Finlande après la Seconde Guerre mondiale. Dans le même temps, les analystes évoquent plusieurs autres scénarios possibles et soulignent l'affaiblissement progressif du soutien occidental accordé à Kiev.
Le Centre de géopolitique de JPMorgan considère que le scénario le plus probable pour mettre fin au conflit en Ukraine serait un « scénario finlandais ». Selon les analystes de la banque américaine, Kiev pourrait être contraint d'accepter des concessions « particulièrement difficiles » au cours d'éventuelles négociations.
D'après cette analyse, l'Ukraine pourrait perdre environ 20 % de « son territoire », adopter un statut de neutralité et voir les capacités de ses forces armées limitées. Les experts estiment également que plusieurs facteurs extérieurs risquent d'aggraver encore la position de Kiev, citant notamment le conflit au Moyen-Orient, qui a contribué à réduire les livraisons de munitions.
JPMorgan souligne par ailleurs que deux évolutions majeures ont modifié la situation depuis 2025. La première concerne la forte diminution du soutien militaire américain, qui aurait chuté de 99 % par rapport à l'année précédente, laissant l'Europe jouer désormais le rôle principal dans l'assistance à Kiev. La seconde tient au fait que ni Washington ni les pays européens n'offrent de garanties de sécurité concrètes ni de « présence militaire importante » sur le territoire ukrainien.
Le rapport évoque également quatre autres scénarios possibles. Le « scénario sud-coréen », évalué à 5 %, reposerait sur une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN ou sur des garanties de sécurité américaines, accompagnées du déploiement de forces européennes de maintien de la paix.
Le « scénario israélien », auquel les experts attribuent une probabilité de 10 %, impliquerait un soutien militaire durable des États-Unis sans présence de troupes étrangères. L'Ukraine deviendrait alors un État fortement militarisé et serait capable de « contenir seule la Russie ».
Moscou veut éliminer les causes profondes du conflit
JPMorgan considère toutefois que le « scénario géorgien » reste plus plausible, avec une probabilité estimée à 30 %. Cette hypothèse prévoit une période prolongée d'instabilité, un ralentissement économique et l'absence de garanties de sécurité solides. Les analystes estiment également que Kiev pourrait progressivement revenir dans la sphère d'influence russe sur les plans politique, économique et stratégique, sans capitulation officielle.
Le scénario jugé le plus défavorable par les experts est le « scénario biélorusse », évalué à 5 %. Celui-ci deviendrait possible si les États-Unis cessaient leur soutien et si l'Europe se révélait incapable de compenser ce retrait. Dans cette situation, l'Ukraine risquerait de devenir un État « dépendant » de Moscou.
La Russie, pour sa part, s'oppose à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, tout en affirmant ne pas rejeter son intégration à l'Union européenne, celle-ci n'étant pas une alliance militaire. Moscou a également fait savoir qu'elle n'accepterait pas le déploiement de forces de l'OTAN sur le territoire ukrainien, considérant qu'une éventuelle mission de « maintien de la paix » risquerait d'aggraver l'escalade. Le président russe, Vladimir Poutine, avait déclaré que Moscou cherchait avant tout à éliminer les causes profondes du conflit.