Guerre au Moyen-Orient : Beyrouth de nouveau frappée par des bombes israéliennes, malgré les signaux de sortie de guerre agités par Washington. Dernières informations
Source: APDe nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth rappellent, ce 1er avril, que la désescalade n'est toujours pas une réalité au Moyen-Orient. Malgré les signaux envoyés par Washington sur une possible sortie de guerre, les opérations militaires continuent de s’étendre entre le Liban, l’Iran, Israël et l’ensemble de la région.
Plus de 130 sites du patrimoine iranien ont subi d’importants dégâts
Le secrétaire général de la Commission iranienne pour l’UNESCO, Hassan Fartousi, a affirmé que 132 sites du patrimoine culturel iranien avaient subi des « dégâts significatifs » au cours des 33 premiers jours des bombardements américains et israéliens. Il a évoqué des dommages potentiellement irréparables sur plusieurs bâtiments historiques et sites culturels en Iran. Il a accusé les États-Unis et Israël d’avoir visé des sites pourtant répertoriés et connus. Selon lui, s’en prendre au patrimoine culturel revient aussi à s’en prendre à « l’identité humaine ».
Plus de 200 personnes doivent être évacuées cette semaine de la centrale de Bouchehr
Le patron de Rosatom, l’entreprise publique russe du secteur nucléaire, Alexeï Likhatchov, a annoncé qu’une dernière vague d’évacuation devait avoir lieu cette semaine à la centrale iranienne de Bouchehr. Plus de 200 personnes sont appelées à quitter le site, tandis qu’une cinquantaine de volontaires devraient rester sur place pour maintenir les équipements essentiels et assurer le fonctionnement minimal des installations.
Likhatchov a décrit une situation toujours très préoccupante autour de la centrale, affirmant que des explosions étaient désormais observées à seulement 700 à 900 mètres du site. Selon lui, la situation « ne devient pas plus calme » et continue de susciter une vive inquiétude.
« Le niveau de confiance est à zéro » : Téhéran nie toute négociation après les propos de Donald Trump
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a assuré qu’il n’existait « actuellement aucun terrain pour une négociation » avec les États-Unis et que « le niveau de confiance est à zéro ». Dans un entretien à Al Jazeera, il a précisé qu’il n’y avait « aucune négociation » en cours avec Washington, mais seulement des échanges de messages, tout en estimant qu’aucun dialogue avec les États-Unis ne pouvait, à ce stade, produire de résultat.
Ces déclarations contredisent directement celles de Donald Trump. Le président américain a affirmé sur Truth Social que le nouveau dirigeant iranien avait demandé un cessez-le-feu aux États-Unis, assurant qu’il n’envisagerait cette option qu’une fois le détroit d’Ormuz rouvert. Cette séquence illustre, une nouvelle fois, le fossé entre la communication de Washington et la ligne affichée par Téhéran.
L’Iran réaffirme que le détroit d’Ormuz restera fermé à ses « ennemis »
Les Gardiens de la révolution ont réaffirmé que le détroit d’Ormuz resterait fermé aux « ennemis » de l’Iran, malgré les pressions exercées par Donald Trump. Dans un communiqué relayé par la télévision d’État, ils assurent que la situation dans ce passage stratégique est « complètement sous le contrôle » de leurs forces navales.
Cette déclaration répond directement au président américain, qui a de nouveau exigé ce 1er avril qu’Ormuz soit « ouvert, libre et dégagé » avant toute perspective de cessez-le-feu.
Le CGRI a lancé des drones contre le porte-avions américain USS Abraham Lincoln
Le Corps des gardiens de la révolution islamique affirme avoir lancé ce 1er avril plusieurs drones offensifs en direction de l’USS Abraham Lincoln, dans le nord de l’océan Indien. Selon Téhéran, le porte-avions américain se serait ensuite replié plus au sud.
Le CGRI affirme aussi que 37 officiers américains ont été tués lors d’une frappe menée la veille contre une cible aux Émirats arabes unis. En parallèle, des sources indiquent qu’un troisième porte-avions américain, l’USS George H.W. Bush, serait en route vers le Moyen-Orient.
Trump affirme que l’Iran « a demandé un cessez-le-feu »
Donald Trump a affirmé ce 1er avril sur Truth Social que le président iranien avait demandé aux États-Unis un cessez-le-feu. Le président américain dit qu’il n’examinera cette possibilité que lorsque le détroit d’Ormuz sera « ouvert, libre et dégagé ».
Dans le même message, le président américain maintient un ton de menace extrême, en promettant de poursuivre les bombardements contre l’Iran d’ici là.
À Téhéran, la ligne reste inchangée : avant tout accord, des garanties sont exigées pour empêcher toute nouvelle agression.
Les services de renseignement russes disent maintenir des contacts avec la CIA autour de la situation en Iran
Le chef du renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a affirmé que les services de renseignement russes continuaient d’échanger avec la CIA au sujet de la situation autour de l’Iran. Le directeur du SVR a confirmé l’existence de ces contacts ce 1er avril devant les journalistes. Il a ajouté que la Russie menait aussi des consultations avec plusieurs pays sur les moyens de sortir de la crise au Moyen-Orient.
L’Union européenne appelle ses citoyens à moins rouler, moins voyager et à télétravailler davantage face à la crise énergétique
L’Union européenne prépare l’opinion à une crise énergétique appelée à durer sur fond de guerre autour de l’Iran et de hausse des prix du pétrole et du gaz. Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a appelé les Européens à économiser le carburant en travaillant davantage à distance, en utilisant moins la voiture et l’avion, et en recourant plus souvent aux transports en commun et au covoiturage.
Selon lui, même une fin rapide de la guerre ne suffirait pas à rétablir rapidement la situation. Cette séquence a aussitôt été raillée par Moscou: Maria Zakharova a ironisé sur une Europe sommée, selon elle, de « ne pas se laver, ne pas allumer la lumière, ne pas sortir de chez soi, ne pas rouler et ne pas voler », moquant une Commission européenne qui, toujours selon sa formule, « plonge dans l’obscurité ».
Tel Aviv annonce suspendre ses importations d’armes françaises après le refus de Paris d’autoriser le survol de son territoire à des avions militaires israéliens
Israël a annoncé la suspension de toutes ses importations d’armes en provenance de France après le refus de Paris d’autoriser le survol de son territoire aux avions transportant du matériel militaire destiné à l’État hébreu. Le directeur général du ministère israélien de la Défense a indiqué vouloir ramener à zéro les achats militaires effectués en France.
Les autorités israéliennes accusent la France d’avoir, à plusieurs reprises ces dernières années, porté atteinte à la sécurité d’Israël et à la capacité opérationnelle de son industrie de défense. Les commandes israéliennes auprès des industriels français ont toutefois représenté 223 millions d’euros entre 2015 et 2024, soit un volume limité au regard des exportations françaises d’armement.
Le Premier ministre australien appelle la population à réduire la consommation de carburant face à la crise autour d’Ormuz
Anthony Albanese a demandé aux Australiens de limiter leur consommation de carburant en privilégiant, lorsque c’est possible, les transports en commun. Dans une allocution nationale ce 1er avril, il a exhorté la population à prendre le train, l’autobus ou le tram pour aller travailler, sur fond de tensions énergétiques provoquées par la crise autour du détroit d’Ormuz.
Anthony Albanese a averti que « les mois à venir pourraient ne pas être faciles » et reconnu qu’aucun gouvernement ne pouvait effacer les pressions provoquées par cette guerre. Canberra assure que les approvisionnements restent stables, mais les tensions ont déjà entraîné des pénuries dans certaines stations-service.