Israël pousse un rapporteur des droits de l’Homme de l’ONU à la démission

Makarim Wibisono n'a jamais pu mettre les pieds en territoire palestinien durant sa mission. Source: Reuters
Makarim Wibisono n'a jamais pu mettre les pieds en territoire palestinien durant sa mission.

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'Homme dans les territoires palestiniens occupés, l'Indonésien Makarim Wibisono, a présenté lundi sa démission. Israël ne l’a jamais autorisé à se rendre en Palestine occupée.

L’Etat hébreux a eu raison de Makarim Wibisono. C’est le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme qui l’a annoncé dans un communiqué. Celui qui quittera ses fonctions le 31 mars a jeté l’éponge à force de voir ses demandes répétées d’accès aux territoires palestiniens occupés systématiquement refusées par Israël.

Procès d’intention

Depuis sa prise de fonction en juin 2014, Makarim Wibisono a eu tout le mal du monde à mener à bien sa mission. Difficile de faire un rapport de la situation concernant les droits de l’Homme dans les territoires occupés quand on n’est pas autorisé à y mettre un pied. A noter que son prédécesseur, l’américain Richard Falk avait eu droit au même traitement.

Makarim Wibisono a pourtant tout essayé. Plusieurs demandes, à l’écrit ainsi qu’à l’oral, ont été transmises aux autorités israéliennes dont une dernière en octobre 2015 qui est restée lettre morte.

L’Etat hébreux justifie ces décisions par un soi-disant biais pro-palestinien de l’institution onusienne. Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, s’en est expliqué : «Du point de vue israélien les dés étaient pipés dès le premier jour. Etant donné son mandat anti-israélien dès le départ, il ne pouvait pas avoir une vision impartiale.»

«Le mandat du rapporteur était rédigé de telle façon qu'il ne pouvait pas faire son travail de manière objective et équitable, avec toute l'attention dirigée sur le narratif palestinien et ignorant les atteintes à l'encontre des civils israéliens», a-t-il ajouté.

«L’espoir» de résoudre «l’impasse»

Makarim Wibisono, avec une pointe d’amertume, souhaite rester sur le registre de l’espérance : «J'ai l'espoir sincère que celui qui me succédera parviendra à résoudre l'impasse actuelle et à réassurer au peuple palestinien qu'après presque un demi-siècle d'occupation le monde n'a pas oublié leur situation désespérée et que les droits de l'Homme sont bien universels.»

Il est important qu'Israël coopère «pleinement, y compris en permettant l'accès sans entrave aux territoires palestiniens occupés», a-t-il souligné.

Le rapporteur spécial est considéré comme l'expert de l'ONU le plus haut placé sur la question des droits de l'Homme dans les territoires palestiniens. Il est directement nommé par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Cet épisode n’est que le dernier d’une longue liste d’accrocs entre l’Etat hébreux et les Nations unies. Un organisme qu’il considère comme «entièrement politisé» et dont il a boycotté plusieurs sessions du Conseil.

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