Trump menace Cuba, le Mexique et l’Iran : «Je n’ai pas besoin du droit international»
Source: Gettyimages.ruAffirmant que seule sa «moralité» guide ses décisions, Donald Trump revendique une politique étrangère affranchie du droit international. De Cuba à l’Iran, en passant par le Mexique et le Groenland, ses déclarations dessinent une diplomatie fondée sur la force et la menace.
Dans une interview accordée au New York Times, le président américain Donald Trump a déclaré que sa propre « moralité » constituait la seule limite à ses actions en politique étrangère. « Ouais, il y a une chose. Ma propre moralité. Mon propre esprit. C’est la seule chose qui peut m’arrêter », a-t-il affirmé.
Interrogé sur l’existence de contraintes susceptibles de restreindre l’action américaine à l’étranger, Donald Trump a indiqué que cette limite relevait exclusivement de son jugement personnel : « Je n’ai pas besoin du droit international. »
« Je pense que Cuba ne tient qu’à un fil. Cuba a de gros problèmes »
Dans le cadre de son interview, le président américain a évoqué la situation à Cuba. Il a estimé que les autorités de l’île se trouvaient dans une position de grande fragilité, évoquant les difficultés auxquelles le pays est confronté après des années de « dépendance » à l’égard du Venezuela, notamment en matière d’énergie et de ressources financières : « Toute leur force vitale, toute leur vie était au Venezuela. Ils recevaient leur pétrole, ils recevaient leur argent du Venezuela ».
Abordant la question d’un éventuel renforcement de la pression exercée sur La Havane, Donald Trump a déclaré ne pas voir de moyen plus efficace qu’une intervention directe : « Je ne pense pas qu’on puisse faire plus de pression autrement qu’en allant faire sauter cet endroit ». Il a, dans ce cadre, salué l’action de l’armée américaine, soulignant qu’aucune perte n’avait été enregistrée du côté américain lors de l’opération ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro : « Comme vous le savez, quand nos merveilleux soldats sont entrés, aucun des nôtres n’a été tué. Dans cette bataille, ils ont perdu beaucoup de combattants cubains. Beaucoup. Les soldats américains ont fait un travail incroyable ».
Mexique : le président américain accuse les cartels de dominer le pays
Le Mexique a également fait l’objet de déclarations accusatoires de la part du président américain. Ainsi, Donald Trump a affirmé que le pays serait aujourd’hui contrôlé par les cartels de la drogue. Il a déclaré que les autorités américaines auraient intercepté 97 % des stupéfiants transitant par voie maritime et a indiqué que les États-Unis envisageaient désormais des actions visant les réseaux terrestres : « Maintenant, nous allons commencer à lutter contre les cartels sur terre. »
Selon les déclarations du président américain, ces organisations criminelles seraient responsables de la mort de 250 000 à 300 000 personnes chaque année aux États-Unis. Il a également évoqué les conséquences sociales de la consommation de drogues, faisant référence à la destruction de familles, tout en affirmant que les chiffres seraient en baisse, tant en matière de trafic de stupéfiants que d’immigration. Donald Trump a par ailleurs décrit la situation à la frontière comme un chaos sans précédent, qu’il dit avoir rétabli.
Menaces explicites contre l’Iran
Concernant l’Iran, Donald Trump a averti qu’une répression des manifestations entraînerait une riposte sévère de la part des États-Unis. « Je leur ai fait comprendre que s’ils commençaient à tuer des gens, comme ils le font habituellement lors des émeutes — ils ont souvent des émeutes — s’ils le faisaient, nous les frapperions très fort », a-t-il fait savoir.
Il a reconnu que plusieurs dizaines de personnes avaient déjà trouvé la mort lors de mouvements de foule, tout en déclarant suivre la situation « de très près ». Le président américain a déclaré que les autorités iraniennes avaient été clairement averties qu’elles devraient « payer un prix très élevé » si les violences se poursuivaient.
Une escalade permanente des menaces
Depuis l’enlèvement de Nicolás Maduro, la rhétorique offensive de Donald Trump s’est intensifiée. Les menaces adressées à différents pays se multiplient presque quotidiennement. Elles ne visent plus seulement l’Amérique centrale ou du Sud, ni le Moyen-Orient, mais s’étendent désormais à des territoires européens, y compris le Groenland, partie intégrante du Royaume du Danemark, pourtant allié des États-Unis au sein de l’OTAN.