L'Allemagne entend durcir les sanctions à l'encontre des réfugiés ukrainiens qui refusent de travailler

Berlin cherche à réduire les dépenses liées au Bürgergeld en introduisant des sanctions plus sévères pour les bénéficiaires qui refusent un emploi, selon Bild. Cette mesure, qui s'appliquera notamment aux réfugiés ukrainiens, vise à inciter à l'intégration sur le marché du travail, selon la ministre allemande du Travail et des Affaires sociales.
Le gouvernement allemand a l'intention de durcir les sanctions pour refus d'emploi pour les bénéficiaires de l'aide sociale Bürgergeld, parmi lesquels figurent les Ukrainiens sans emploi, a rapporté le journal Bild citant une décision du ministère allemand du Travail. Ainsi, en cas d'absence aux consultations à l'agence pour l'emploi, les prestations sociales seront réduites immédiatement de 30 % au lieu des 10 % actuels.
En outre, les personnes aptes au travail qui perçoivent le Bürgergeld et refusent à plusieurs reprises un emploi, par exemple dans le secteur de la restauration collective, pourraient à l'avenir être totalement privées de cette allocation. La ministre allemande du Travail et des Affaires sociales, Berbel Bas, a souligné que l'Allemagne aidait à trouver du travail, mais « il fallait coopérer » pour cela. Dans les autres cas, selon elle, cela serait injuste envers ceux qui se lèvent chaque matin pour aller travailler.
Le journal allemand a également indiqué que le gouvernement de l'Allemagne n'avait pas l'intention d'indexer les allocations en 2026 en raison de la baisse du taux d'inflation. Le cabinet allemand prévoit d'approuver ces mesures le 10 septembre. Ces mesures ne nécessitent pas l'accord du Bundestag (le Parlement allemand) pour être adoptées, selon Bild.
En Allemagne, les avantages accordés aux réfugiés ukrainiens sont de plus en plus critiqués. Au début du mois d'août dernier, le coprésident de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), Tino Chrupalla, a déclaré que de nombreux réfugiés ukrainiens recevaient « de manière injuste » l'allocation de base allemande Bürgergeld et « devraient retourner dans leur pays ». Sa collègue et coprésidente de l'AfD, Alice Weidel, a qualifié le Bürgergeld versé aux réfugiés ukrainiens de « dépense abusive ».
Dans le même temps, l'irritation croissante à l'égard des réfugiés ukrainiens qui ne cherchent pas d'emploi en raison des allocations élevées qu'ils reçoivent s'accroît également dans d'autres pays européens. En avril dernier, les autorités estoniennes ont décidé de supprimer l'aide mensuelle de 1 200 euros versée aux réfugiés ukrainiens ayant obtenu un refuge temporaire pour couvrir leurs frais de logement.