Turquie : la police disperse une manifestation contre l'opération anti-PKK à Ankara

Manifestation d'opposition à l'opération armée à Diyarbakir le 14 décembre dernier Source: Reuters
Manifestation d'opposition à l'opération armée à Diyarbakir le 14 décembre dernier

La police turque a tiré des gaz lacrymogènes dans la capitale Ankara ce dimanche pour disperser plusieurs centaines de manifestants rassemblés pour s'opposer à l'offensive militaire dans le sud-est contre les kurdes du PKK et aux couvre-feux.

La manifestation qui se tenait sur l'avenue Taksim de la capitale turque ont été dispersés par des dizaines de policiers en équipement, obligeant les protestataires à se réfugier dans les rues adjacentes. Alors que les commerçants ont fermé boutique, deux manifestants ont été arrêtés par les forces de l'ordre.

Près de 102 personnes ont été tuées ces cinq derniers jours au cours d'une opération militaire de l'armée turque dans le sud-est du pays pour y déloger les militants pro-kurdes du PKK, selon un dernier bilan d'une source sécuritaire publiée par l'Afp. L'offensive en cours mobilise environ 10 000 soldats appuyés par des chars se concentre dans les villes de Cizre et Silopi près des frontières syriennes et irakiennes, ainsi qu'à Diyarbakir et à Nusaybin.

La ville de Diyarbakir est au centre du conflit (Source : Google map)
La ville de Diyarbakir est au centre du conflit (Source : Google map)

«Les opérations dans la région se poursuivront»

«Les opérations dans la région (...) se poursuivront avec détermination jusqu'à ce que l'ordre public ait été rétabli», a déclaré samedi le chef des forces armées, le général Hulusi Akar. L'armée turque a également indiqué que des avions de combats avaient décollé de la base de Diyarbakir vendredi pour aller bombarder des camps du PKK dans le nord de l'Irak. Un précédent bilan de l'armée faisait état samedi de 70 kurdes tués.

Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a dénoncé dimanche dans la capitale Ankara une «tentative de déclencher une guerre civile», indiquant que les opérations allaient continuer. «Nous sommes face à une organisation barbare qui essaie d'instrumentaliser les jeunes afin de porter atteinte à la vie des gens en installant ces barricades», a-t-il indiqué. Fort de la réélection du parti au pouvoir, l'AKP, aux dernières élections législatives, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait clamé sa volonté «d'éradiquer» le PKK.

Les militants du PKK ont profité de la trêve de deux ans mis en place en 2012 entre le gouvernement et Abdullah Öcalan, le chef du mouvement, actuellement en prison, afin de prendre le contrôle de plusieurs localités du sud-est de la Turquie. L'été dernier, les combats ont repris. Ils ont provoqué le déplacement de près de 200 000 personnes.

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