Une jeune Yézidie raconte à l'ONU les viols et le génocide organisé de Daesh

Nadia Mourad Basee Taha s'exprimant devant le conseil de sécurité de l'ONU à New-York.© Capture d'écran Twitter
Nadia Mourad Basee Taha s'exprimant devant le conseil de sécurité de l'ONU à New-York.

Au Conseil de sécurité des Nations Unies à New York, la jeune femme a raconté ses mois de captivité et les atrocités commises par Daesh sur la communauté yézidie qui subit un «génocide organisé» et demandant à la communauté internationale de réagir.

La jeune femme prénommée Nadia Mourad Basee Taha s'est exprimée durant 10 minutes devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

«Ma religion est une des plus ancienne du monde, mais elle est aujourd'hui menacée d'extinction», a déclaré la jeune femme, évoquant les viols et meurtres de femmes et d'enfants et leur réduction en esclavage systématique.

Un génocide organisé

«Jusqu'au 3 août 2014, je vivais avec ma famille, ma mère, mes frères et mes soeurs dans le village de Korju. Un jour, des hommes en armes et en uniformes sont venus. Leur but était clairement de nous exterminer tous à la manière d'un véritable génocide car ils nous considèrent comme des infidèles», a expliqué la jeune femme.

«Le 15 août, ils nous ont amené à l'école du village. Là ils ont séparé les femmes les hommes et les enfants. Je les ai vu faire depuis le deuxième étage de l'école. Ils ont pris tous les hommes et les ont tué. Six de mes frères ont été tués. Trois ont survécu», a-t-elle raconté.

«Ce n'était pas fait de façon ponctuelle, ces hommes remplissaient un plan scrupuleusement organisé et ayant une partie centrale dans l'idéologie guerrière de leur idéologie», a poursuivi Nadia Mourad.

Le viol comme arme de guerre, la femme comme «butin»

Toujours devant l'assemblée, la jeune femme a raconté comment les hommes de Daesh avaient ensuite emmené les femmes et les jeunes enfants en bus dans la ville de Mossoul, «dans un immeuble où se trouvaient des milliers de familles yézidies».

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«Durant le trajet, ils nous ont fait subir des attouchements et des violences physiques. Une fois à Mossoul, les femmes étaient échangées comme un butin de guerre, comme des cadeaux» a-t-elle poursuivi.

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«L'homme qui m'a emmené m'a demandé de changer de religion. Il m'a marié de force et m'a torturé et violé chaque jour pendant 3 mois. C'est au bout de cette période que j'ai enfin pu m'échapper. Je suis arrivée en Allemagne où j'ai été soignée et prise en charge» raconte la jeune femme. 

«Tant que Daesh existe, l'immigration est la seule option pour les yézidis»

Nadia a dit être «très reconnaissante envers l'Allemagne de l'avoir aidée», mais a ajouté que sa souffrance n'était pas «personelle», «elle est générale et collective».

«Tout le peuple yézidi souffre. Nous n'avons nulle part où aller, la quasi totalité des territoires où nous vivons sont aujourd'hui controlés par l'Etat islamique qui procède à notre extermination», a poursuivi la jeune femme, rappelant que plusieurs charniers humains avaient été récemment découverts et contenant «des centaines et des milliers de corps d'hommes, de femmes et d'enfants».

«Dans ces conditions, l'immigration est la seule option pour les yézidis. S'il vous plaît, ouvrez vos frontières et vos sociétés et laissez les yézidis venir habiter dans vos pays !», a martelé la jeune femme, demandant que le terme de 'génocide' soit officiellement appliqué par la Cour Pénale Internationale pour décrire le sort de la population yézidi. 

A la fin de son discours, la jeune femme s'est effondré en larmes. Elle a été applaudie par l'assemblée «pour son courage». 

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