Centrafrique : un chef musulman proclame l'autonomie d'un Etat dans le Nord-Est

Des membres de l'ex rébellion Séléka en juin 2014 à Lioto, dans le sud de la Centrafrique Source: Reuters
Des membres de l'ex rébellion Séléka en juin 2014 à Lioto, dans le sud de la Centrafrique

Nourredine Adam, le chef rebelle musulman de la Renaissance de l'Afrique centrale (FPRC), une ancienne faction de la Séléka, a proclamé l'autonomie d'une région du nord de la Centrafrique.

«Le nouvel Etat a pour nom la République du Logone», a indiqué à la presse un porte-parole du chef d'une des trois factions qui faisaient parti de la rébellion Séléka, le commandant Maouloud Moussa. «Ce que nous voulons tout d'abord c’est l'autonomie. Ensuite, nous verrons comment nous diriger vers l'indépendance», a-t-il poursuivi, rapporte Anadolu Agency.

Le drapeau de la république rebelle hissé à N'Délé

Une copie de la déclaration d'autonomie signée par Nourredine Adam a été remise mardi au bureau des Nations unies à Kaga-Bandoro, à 245 kilomètres au nord de la capitale centrafricaine, Bangui. La mission de l'ONU en Centrafrique (MINUSCA) a condamné dans un communiqué cette déclaration «sur l'autonomie du Nord-Est (...) et emploiera tous les moyens, y compris le recours à la force, contre toute tentative séparatiste, conformément à son mandat».

A N'Délé, une localité du nord du pays, le drapeau de la république rebelle fait de jaune, de vert, de noir, et d'une étoile blanche a été hissé avant d'être retiré par des soldats de la MINUSCA. «Nous appelons la communauté internationale et les forces internationales présentes en République centrafricaine à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour neutraliser la capacité de nuisance de ces terroristes», a réagit le porte-parole du gouvernement, Saïd Panguindji, ce mardi, devant les journalistes. «Toute tentative de partition ne sera pas acceptée, et je crois que les personnes qui se livrent à ce genre de jeu le savent», a-t-il précisé le ministre de l'Administration du territoire Walidou Bachir.

Le drapeau rebelle a été hissé dans la ville de N'Délé au nord de la Centrafrique (Source : Google Map)
Le drapeau rebelle a été hissé dans la ville de N'Délé au nord de la Centrafrique (Source : Google Map)

L'«ennemi public numéro 1»

Nourredine Adam a été déclaré «ennemi public numéro 1» par le gouvernement centrafricain de transition la semaine dernière à cause de son rejet du processus électoral alors que le premier tour de l'élection présidentielle est prévue pour le 27 décembre. L'ancien ministre de la sécurité de Michel Djotodia avait quitté le pays en novembre 2014 à la suite de négociation avortée pour la règlement du conflit centrafricain à Nairobi au Kenya.

Son retour au pays a coïncidé avec des affrontements entre une centaine de miliciens du FPRC et des soldats de la MINUSCA, appuyés par des militaires français de l'opération Sangaris, dans le centre du pays à Sibut, à 180 kilomètres de Bangui. Dimanche dernier, un référendum sur un projet de réforme de la Constitution concernant notamment la réduction du nombre de mandats présidentiels a été perturbé par des violences dans le nord et l'est.

Nourredine Adam chercherait actuellement à reconstituer l'ancienne coalition de la Séléka en ralliant les deux autres grandes factions, l’UPC (Union pour la paix en Centrafrique) du général peul Ali Darassa et le MPC (Mouvement patriotique pour la Centrafrique) de Mahamat Alkhatim. Son objectif serait de reprendre le pouvoir à Bangui, la capitale du pays où il a indiqué pouvoir compter sur près d'un milliers de combattant non-désarmé.

Lire aussi : Quatre soldats français accusés de viol en Centrafrique entendus par la justice française

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