La Turquie a infligé une amende de 51 000 dollars à Twitter pour «propagande terroriste»

© Murad Sezer Source: Reuters

Déjà accusées de censure, les autorités turques ont adressé une sévère contravention au réseau social pour ne pas avoir retiré du contenu décrit comme «de la propagande terroriste, incitant à des actes publics de violence et à la haine».

L’agence turque de régulation des télécommunications a transmis sa décision aux QG de Twitter à San Francisco, et informé les bureaux d’avocats de la compagnie en Turquie, rapporte l’agence de presse nationale Anadolu News Agency. Cette dernière précise que la décision se base sur une loi de 2007 qui vise à «lutter contre les crimes commis par diffusion sur internet».

Un fonctionnaire de l’autorité de régulation a confirmé auprès de l’agence de presse allemande Reuters la décision d’infliger une amende de 51 000 dollars au célèbre réseau social, mais n’a pas révélé plus de détails à propos du contenu des publications sanctionnées. Quand à la direction du site incriminé, elle n'a pour le moment pas réagi.

Avant de prendre sa décision, la justice turque aurait demandé à Twitter de retirer du contenu jugé illégal, obligation à laquelle le site ne se serait pas plié.

S’il s’agit de la première fois que le pays inflige une amende au réseau social, il a en revanche déjà, par le passé, imposé des blocages temporaires de Twitter, YouTube ou encore Facebook pour ne pas avoir retiré du contenu que les autorités déclaraient illégal.

Ces dernières années, les autorités turques ont été accusées de pratiquer la censure et la répression des médias.

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En 2014, l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) les avait accusées d’adopter des lois restrictives sur internet et de prendre des mesures afin de censurer certains contenus.

La même année, un réseau regroupant une soixantaine d’ONG européennes de défense des droits de l’homme, la Civic Solidarity Platform, avait publié un rapport accusant la Turquie de bloquer systématiquement certains sites d’informations, ainsi que des réseaux sociaux.

Récemment, deux journalistes du journal d’opposition Cumhuriyet ont été condamnés et emprisonnés par les autorités nationales pour espionnage et trahison.

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