Jeux vidéos : un échappatoire pour les femmes saoudiennes

Une femme saoudienne candidate aux municipales. © Faisal Nasser Source: Reuters
Une femme saoudienne candidate aux municipales.

Fin novembre, GCON, une convention annuelle pour femmes passionnées de jeux vidéos se déroulait dans un grand hôtel de Riyad, capitale de l'Arabie Saoudite. L'évènement a attiré plus de 3000 saoudiennes !

«C'est un angle peu connu de l'Arabie Saoudite», s'amuse Tasneem Salim, co-fondatrice de GCON interviewée par le site d'information NPR.org. 

Pour elle et son associée, l'idée de fonder une convention exclusivement féminine de jeux vidéos leur est venue en 2011, après que des femmes aient été refoulées d'une convention pour hommes. 

L'engouement des saoudiennes pour les jeux vidéos représentait une vraie demande qu'il était impossible de satisfaire tant que le problème de la mixité n'était pas réglé : en Arabie Saoudite, hommes et femmes ne sont pas autorisés à se mélanger comme bon leur semble, sous peine de s'attirer les foudres de la police religieuse.  

Depuis que les saoudiennes ont leur propre convention, elles peuvent jouer aux geeks en toute liberté. Vêtues de longues abayas noires, elles se pressent autour des consoles et s'affrontent dans des jeux parfois très violents : Assassin's Creed, Uncharted, Need for Speed, et même Call of Duty ne leur font pas peur !

Pour Tasneen Salim, les jeux vidéos sont non seulement une distraction, mais aussi un outil pédagogique, qui permet aux femmes saoudiennes, qui vivent le plus souvent recluses de s'ouvrir au monde. «Vous seriez surpris si vous saviez combien de gens ont appris des langues étrangères comme l'anglais ou le japonais grace aux jeux vidéos !» se réjouit-elle.   

Dans ce pays ultra-conservateur où les femmes n'ont pas le droit de conduire, cette convention fait figure de révolution sociale.

Un jeune neveu du roi, le prince Fahad Bin Faisal Al-Saud aurait même créé un jeu vidéo dont les femmes sont les héroines. Selon lui, le jeu doit «inspirer» les Saoudiennes en leur permettant d'accéder au statut de conducteur. «Si on raconte aux gens des histoires dans lesquelles les femmes conduisent, alors peut-être que cela finira par arriver», explique -t- il au Wall Street Journal.

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