La Croatie refuse d'accepter des migrants que la Slovénie veut refouler

- Avec AFP

Un train de réfugiés en Croatie © Antonio Bronic Source: Reuters
Un train de réfugiés en Croatie

Alors que le ton des pays de l'Est monte contre le plan de répartition des réfugiés de la Commission Européenne, et que la sécurité se renforce après les attentats de Paris, certains pays des Balkans optent pour un filtrage des arrivants

Zagreb a refusé la demande slovène d'accepter le retour sur son territoire de 162 migrants que Ljubljana entendait refouler car ils venaient de pays où il n'y a pas de conflit, a-t-on annoncé jeudi de source policière croate.«La Slovénie nous a demandé (mercredi) d'accepter 162 personnes. Nous avons refusé et nous avons informé nos voisins de cette situation», a déclaré un porte-parole de la police, Domagoj Dzigumovic. Ljubljana a précisé qu'il s'agissait de ressortissants marocains et qu'en raison du refus croate le groupe allait être autorisé à poursuivre sa route vers l'Europe de l'Ouest.

Le ministre serbe chargé des réfugiés, Aleksandar Vulin, a lui affirmé que les «migrants économiques», c'est-à-dire ceux provenant de pays où il n'y a pas de conflit, ne pouvaient plus entrer dans son pays. M. Vulin a indiqué que la Croatie voisine, ainsi que la Slovénie, pays qui se trouvent sur l'itinéraire des migrants, ne souhaitaient plus accueillir certains migrants et affirmé que la Serbie ne voulait pas se retrouver avec eux coincés sur son territoire.

«Nous n'allons pas permettre l'entrée en Serbie à ceux qui ne pourront pas continuer leur route» via la Croatie et la Slovénie, a-t-il dit à l'agence Tanjug. «Nous ne sommes pas le pays où les migrants souhaitent rester. La Serbie est un pays de passage et c'est ce qu'elle va rester», a-t-il ajouté.

A l'entrée en Serbie, dans la région du village de Miratovac (sud), les migrants doivent présenter des documents d'identité ou au moins des documents venant des autorités grecques ou macédoniennes prouvant leur identité. «Tous ceux qui ne sont pas Syriens, Afghans ou Irakiens sont refoulés vers la Macédoine», a fait valoir la porte-parole du HCR.

La Macédoine voisine filtre aussi les migrants en provenance de Grèce mais en dressant une liste de pays dont les ressortissants ne peuvent pas passer (Maroc, Sri Lanka, Soudan, Liberia, Congo et Pakistan), a ajouté Mme Sunjic. Interrogé par téléphone, Jasmin Redzepi, responsable d'une ONG d'aide aux migrants à la frontière gréco-macédonienne, a indiqué que Skopje laissait également passer uniquement les ressortissants irakiens, afghans et syriens.

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Plus de 800.000 migrants sont arrivés en Europe par la mer et nombre d'entre eux via les Balkans depuis le début de l'année, en majorité depuis le Moyen-Orient.


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