Brésil : Bolsonaro dénonce les violences de Brasilia, avalanche de condamnations à l'international

- Avec AFP

Brésil : des partisans de Bolsonaro prennent d'assaut les bâtiments gouvernementaux
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L'ex-président brésilien a condamné l'assaut donné sur plusieurs lieux de pouvoir par certains de ses partisans, tout en rejetant les accusations de Lula qui lui en a imputé la responsabilité. Les condamnations internationales se sont multipliées.

L'ex-président brésilien Jair Bolsonaro, dont des partisans ont envahi le 8 janvier le Congrès, le palais présidentiel et la Cour suprême à Brasilia, a estimé sur Twitter que si «les manifestations pacifiques, conformes à la loi, font partie de la démocratie [...] les déprédations et invasions de bâtiments publics telles qu’elles se sont produites aujourd’hui […] sont contraires à la règle». Il a dénoncé dans le même temps les mouvements organisés en 2013 et en 2017 par la gauche, tout aussi condamnables à ses yeux. En 2013, des manifestations contre la vie chère et le coût des transports avaient donné lieu à des débordements et des affrontements avec les forces de l’ordre ; en 2017, un mouvement de protestation pour réclamer la destitution du président d’alors, Michel Temer, avait débouché sur des violents heurts : les bâtiments du ministère brésilien de l'Agriculture avaient notamment été incendiés.

Dans un autre message, Jair Bolsonaro a cependant «rejeté les accusations, sans preuve» de son successeur. Lula a en effet déclaré que le «discours» de son prédécesseur d'extrême droite avait encouragé ses partisans, qualifiés de «vandales fascistes», à envahir les lieux de pouvoir de la capitale brésilienne.

En fonction depuis seulement une semaine et déjà confronté à une crise majeure, le président de gauche a déploré des événements «sans précédent dans l'histoire du Brésil», et assuré que «ceux qui ont financé [ces manifestations] vont payer pour ces actes irresponsables et antidémocratiques». Le chef de l'Etat a placé les forces de l'ordre locales sous le commandement des forces fédérales pour reprendre en main la sécurité à Brasilia où les policiers ont été totalement débordés par les assauts de cette frange des soutiens bolsonaristes.

Son ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Flavio Dino, a assuré dans la soirée du 8 janvier que les lieux de pouvoir avaient été totalement évacués et que plus de 200 personnes avaient été arrêtées. «Ils ne parviendront pas à détruire la démocratie», a-t-il lancé, qualifiant les invasions de «terrorisme putchiste».

En vertu d'un nouveau décret, l'ensemble des forces de l'ordre de Brasilia sera placée sous le contrôle d'une personne nommée par Lula, Ricardo Garcia Capelli, qui répond directement au président et pourra employer «tout organe, civil ou militaire» pour assurer le maintien de l'ordre.

Le gouverneur du district fédéral de Brasilia, Ibaneis Rocha, allié de Jair Bolsonaro, a présenté ses excuses au président Lula dans une vidéo. Il a qualifié les responsables des déprédations des bâtiments publics de «vrais vandales» et de «vrais terroristes», en précisant avoir été surpris par les événements. «A aucun moment on a pensé que ces manifestations prendraient de telles proportions», a-t-il affirmé. D'autres alliés du président sortant se sont également désolidarisés de ces violences, dont le président du Parti libéral Valdemar Costa Neto, qui a regretté «un jour triste pour la nation brésilienne».

Avalanche de condamnations internationales

Le président américain Joe Biden a jugé «scandaleuses» les violences des manifestants bolsonaristes, réagissant aux événements lors d'un déplacement au Texas, juste avant de partir au Mexique. Dans un tweet, il a ensuite condamné une «attaque contre la démocratie et le transfert paisible du pouvoir au Brésil». «Les institutions démocratiques du Brésil ont tout notre soutien et la volonté du peuple brésilien ne doit pas être sapée», a-t-il martelé.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a pour sa part condamné l'intrusion, au cours d'une conférence de presse, affirmant : «Nous condamnons de la manière la plus ferme les actions des instigateurs des troubles et soutenons pleinement le président brésilien Lula da Silva.»

Lula a également reçu des marques de soutien de l'ensemble de la gauche latino-américaine, à commencer par celui du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, qui a jugé «répréhensible et antidémocratique la tentative de coup d'Etat des conservateurs au Brésil» sur Twitter. «Lula n'est pas seul, il a le soutien des forces progressistes de son pays, du Mexique, du continent américain et du monde», a-t-il assuré.

Les bolsonaristes imitent les trumpistes

Le président cubain Miguel Diaz-Canel lui a emboîté le pas en condamnant des actes destinés à «générer le chaos et à bafouer la volonté populaire», et en estimant sur le réseau social que «les bolsonaristes imitent les trumpistes» lorsque ceux-ci avaient pris d'assaut le Capitole à Washington en janvier 2021.

Pour sa part, le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro a condamné «de manière catégorique la violence générée par les groupes néofascistes de Bolsonaro», et affirmé le soutien du Venezuela «au peuple brésilien qui se mobilisera sûrement pour la défense de la paix et de son président».

Le président argentin Alberto Fernandez a insisté sur «son soutien inconditionnel et celui du peuple argentin à Lula face à cette tentative de coup d'Etat».

«Les fascistes chercheront toujours à prendre par la force ce qu'ils n'ont pas obtenu dans les urnes», a abondé le président bolivien Luis Arce, tandis que Twitter le président chilien Gabriel Boric a déclaré : «le gouvernement brésilien a tout notre soutien face à cette attaque lâche et vile contre la démocratie».

Le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA) Luis Almagro a également condamné l'attaque contre les institutions à Brasilia, qui constitue selon lui «une action répréhensible et une attaque directe contre la démocratie». «Ces actions sont inexcusables et de nature fasciste», a-t-il insisté.

Les Européens à l'unisson 

De la même manière, le président du Conseil européen Charles Michel a exprimé sur Twitter sa «condamnation absolue» de cet assaut et son «soutien total au président Lula da Silva, démocratiquement élu par des millions de Brésiliens à l'issue d'élections équitables et libres». Il a été rejoint par le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, qui s'est dit «consterné» par les actes d'«extrémistes violents», ainsi que par la présidente du Parlement européen Roberta Metsola. Celle-ci s'est dite, dans un tweet en portugais, «profondément préoccupée» et a affirmé que «la démocratie doit toujours être respectée».

«La volonté du peuple brésilien et les institutions démocratiques doivent être respectées ! Le président Lula peut compter sur le soutien indéfectible de la France», a tweeté le président français Emmanuel Macron, en français et en portugais.

En Italie, la Premier ministre Giorgia Meloni a estimé que «ce qui se passe au Brésil ne peut pas nous laisser indifférents» et jugé les intrusions des manifestants «inacceptables». Elle a plaidé pour un «retour à la normale» et exprimé sa solidarité avec les «institutions brésiliennes».

La Chine, enfin, s'est associée aux condamnations, indiquant le 9 janvier être fermement opposée à «l'attaque violente contre les autorités fédérales» et soutenir «les mesures prises par le gouvernement brésilien pour calmer la situation, rétablir l'ordre social et préserver la stabilité nationale».

Jair Bolsonaro, qui a été battu d'une courte tête par Lula au second tour de la présidentielle le 30 octobre, a quitté le Brésil en fin d'année pour rejoindre les Etats-Unis. Certains de ses partisans ont manifesté à plusieurs reprises depuis la défaite du président sortant, réclamant l'intervention de l'armée pour empêcher Lula de revenir au pouvoir pour un troisième mandat. Des axes routiers avaient également été bloqués pendant plus d'une semaine après l'élection.

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