Les aveux de Hollande et Merkel sur Minsk sont une preuve de «trahison», pour un parlementaire russe

Les aveux de Hollande et Merkel sur Minsk sont une preuve de «trahison», pour un parlementaire russe© MYKOLA LAZARENKO / POOL / AFP
Vladimir Poutine en compagnie d'Angela Merkel, de François Hollande et du président biélorusse Alexandre Loukachenko à Minsk le 11 février 2015 (image d'illustration).
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Alors que l'ancienne chancelière allemande et l'ex-président français ont tout deux déclaré que les accords de Minsk avaient permis de donner du temps à Kiev, le vice-président du Sénat russe Konstantin Kossatchev y a vu un aveu de malhonnêteté.

Les dernières déclarations de l'ancien président français François Hollande au média anglophone pro-Occident Kyiv Independent le 28 décembre ont suscité la colère à Moscou. Il y confirmait les déclarations de l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel faites plus tôt dans le mois selon lesquelles les accords de Minsk avaient pour objectif principal de donner du temps à l'armée ukrainienne, alors vulnérable sur le terrain. En juin, l'ancien président ukrainien Petro Porochenko avait fait des déclarations similaires.

 

«Le seul co-auteur des accords de Minsk, qui a essayé de manière cohérente et honnête d'agir en tant que garant de ces accords, c'est notre pays», a réagi Konstantin Kossatchev, vice-président du Conseil de la Fédération de la Fédération de Russie sur Telegram.

L'Occident mentait sur la paix et se préparait à l'agression. Et aujourd'hui, il n'a pas honte de l'admettre, au grand jour

«Les confessions de Merkel et de Hollande sont une preuve de la trahison. Le sud-est de l'Ukraine a d'abord été trahi par l'Occident, malgré les artifices verbaux qui l'entourent», a-t-il encore estimé. Pour lui, la duplicité des deux pays européens et de Kiev a engendré «la perte de milliers de vies au cours des huit dernières années de guerre civile en Ukraine». Il a encore accusé l'Allemagne et la France d'avoir transformé les accords de Minsk en «bout de papier» ce qui aurait fini par forcer la Russie à intervenir directement avec l'opération militaire spéciale en Ukraine. 

Vladimir Poutine a lui aussi tenu des propos pouvant faire référence aux déclarations polémiques des ex-dirigeants occidentaux, dans ses vœux du Nouvel An le 31 décembre : «L’Occident a menti sur [ses intentions] pacifiques tout en se préparant à l’agression. Et aujourd’hui, il l’admet ouvertement alors qu’il utilise cyniquement l’Ukraine et son peuple pour affaiblir et diviser la Russie.»

Convergence des versions à Kiev, Paris et Berlin

Selon Kyiv Independant, l'ancien président français s'est réjoui que les accords de Minsk aient permis à Kiev de se renforcer. 

«Depuis 2014, l'Ukraine a renforcé ses capacités militaires. En effet, l'armée ukrainienne est complètement différente de celle de 2014. Elle est mieux entraînée et mieux équipée. C'est le mérite des accords de Minsk d'avoir donné à l'armée ukrainienne cette opportunité», a entre autres déclaré François Hollande. Angela Merkel a quant à elle affirmé le 7 décembre que les accords avaient été «une tentative de donner du temps à l'Ukraine». «Début 2015, Poutine aurait facilement pu les envahir à l'époque. Et je doute fort que les pays de l'OTAN auraient pu faire autant par rapport à ce qu'ils font maintenant pour aider l'Ukraine», a-t-elle encore déclaré. 

Le président issu de Maïdan Petro Porochenko, battu en 2019 par Volodymyr Zelensky, avait servi en juin une version similaire. «Nous ne croyions pas Poutine, comme nous ne le croyons pas aujourd'hui. Notre tâche était, tout d'abord, d'écarter la menace ou au moins de reporter la guerre [avec la Russie]. De nous assurer huit années pour pouvoir rétablir la croissance économique et renforcer les forces armées. C'était la première tâche, et elle a été accomplie», avait-il déclaré.

Notre tâche était, tout d'abord, d'écarter la menace ou au moins de reporter la guerre

Le protocole de Minsk est un accord conclu le 5 septembre 2014 par les représentants de l'Ukraine, de la Russie et des Républiques populaires de Donetsk et Lougansk qui avaient fait sécession, ne reconnaissant pas les autorités issues du coup d'Etat de 2014. L'accord visait à mettre fin au conflit dans l'est de l'Ukraine entre Kiev et les Républiques autoproclamées. Il a été suivi d'un autre sommet en février 2015 baptisé Minsk II. Au cours des années précédant le lancement de l'opération spéciale russe en Ukraine, Moscou a régulièrement accusé Kiev de ne pas respecter les termes de cet accord, et la France et l'Allemagne, médiateurs dans ce dossier, de la laisser faire.

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