Garrido attaquée au gaz lacrymogène à Drancy : les Insoumis accusent les «nervis» de Lagarde

Garrido attaquée au gaz lacrymogène à Drancy : les Insoumis accusent les «nervis» de Lagarde© JOEL SAGET/AFP
Raquel Garrido, candidate de la Nupes aux législatives dans la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis (image d'illustration).
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Candidate dans la cinquième circonscription de Seine-Saint-Denis face face au centriste Jean-Christophe Lagarde, l'Insoumise Raquel Garrido affirme que des soutiens de son rival l'ont agressée, une version que l'intéressé a fermement démentie.

Une campagne électorale à la dérive ? La candidate de la Nupes Raquel Garrido et certains de ses camarades ont été victimes le 16 juin à Drancy (Seine-Saint-Denis) d’une agression au gaz lacrymogène, l'Insoumise mettant directement en cause un soutien de son adversaire au second tour des élections législatives, Jean Christophe Lagarde (UDI, Union des démocrates et indépendants). Celui-ci a vivement démenti toute responsabilité.

«Je circulais dans une voiture avec sono pour appeler au vote dimanche, quand un militant de Jean-Christophe Lagarde a tiré du gaz lacrymogène, blessant sévèrement les personnes de la voiture», dont certains ont des «brûlures au visage», a raconté à l'AFP Raquel Garrido, proche de Jean-Luc Mélenchon. «Puis l'un d'entre nous est parti chercher de l'eau dans une épicerie mais un autre militant l'a frappé et insulté», a-t-elle poursuivi. La militante et son équipe ont été soignées par les pompiers en fin de journée.

Climat pourri entretenu à Drancy

Une source policière a confirmé les faits à l'AFP, sans plus de précision sur les auteurs de l'agression. «Raquel Garrido s'est fait gazer par un jeune alors qu’elle faisait campagne dans le quartier du Village parisien à Drancy. Elle a été incommodée. Les pompiers sont sur place», a décrit la source. Raquel Garrido a posté une vidéo sur Twitter. On y voit un individu, muni d'une bombe de gaz, accourir près d'une voiture à l'arrêt avant d'en tirer le contenu à bout portant sur les occupants du véhicule.

Enfin, le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, compagnon de Raquel Garrido, a indiqué sur Twitter que «des plaintes [allaient] être déposées» et dénoncé des «méthodes de voyou», en relayant la vidéo d'un militant insoumis qui évoque des insultes et des coups, ainsi que des bris de lunettes, tout en montrant le camion de pompiers dans lequel étaient prodigués des soins en arrière-plan. «Dimanche 19 juin, le climat pourri entretenu à Drancy doit cesser», a lancé l'élu.

Jean-Christophe Lagarde a réfuté toute implication. «C'est fort de café de dire que je suis responsable. C'est un jeune de 13-14 ans qui s'en prend à Madame Garrido, rien à voir avec mes militants», a assuré à l'AFP le député. «Attendons que la police éclaircisse l'affaire qui n'a rien à voir avec la campagne», a-t-il préconisé, tout en affirmant que la violence était plutôt du fait des équipes de Raquel Garrido.

Les nervis sont de sortie

Le chef de file de LFI et de la Nupes Jean-Luc Mélenchon a réagi sur Twitter : «Les nervis sont de sortie. Deux camarades violentés, gazés et frappés à Drancy. L'équipe de Raquel Garrido est victime des violents de la majorité macroniste», a-t-il dénoncé. «Ça va trop loin», s'est insurgé le leader de la Nupes, incriminant de manière plus générale les attaques lancées par la majorité contre la coalition de gauche. «La haine sectaire et les outrances verbales des amis de [Christophe] Castaner et [Amélie de] Montchalin sont insupportables !», a-t-il condamné.

Interrogée sur l'assimilation de l'UDI, parti centriste, à la «majorité macroniste», Raquel Garrido a expliqué que le candidat macroniste, Nabil Ait Akkache (8% au premier tour), avait appelé à lui faire barrage en apportant son soutien à son rival. La candidate de la Nupes a obtenu près de 38% des voix au premier tour, contre environ 33% pour Jean-Christophe Lagarde.

La polémique s'est poursuivie le 17 juin, Raquel Garrido s'insurgeant contre le manque de soutien de la part de son adversaire après ces incidents. «Et voilà qu’il souligne que je suis grosse», s'est-elle insurgée, accompagnant son tweet d'une capture d'écran dans laquelle apparaît un message de Jean-Christophe Lagarde écrit en majuscules «Garrido rime avec grosse mytho». L'élu s'est en effet longuement exprimé sur Facebook, mais par la suite a modifié le titre de sa publication en changeant l'adjectif «grosse» en «grande». Il y a condamné les «affabulations honteuses» de son adversaire et la «provocation permanente» à laquelle se livreraient ses militants, qui aurait conduit à déclencher des bagarres entre jeunes de cités voisines, selon lui. Il a ensuite publié un autre témoignage qui infirmerait la version de Raquel Garrido.

Le 15 juin, l'Insoumise avait relayé un article de Libération évoquant des pratiques litigieuses lors du premier tour des élections législatives : un système de pointage des électeurs aurait été mis en place à l'extérieur d'un bureau de vote tenue par l'épouse de Jean-Christophe Lagarde, afin de pouvoir appeler ceux qui n'avaient pas encore voté et de maximiser la participation électorale en sa faveur, selon son opposante de gauche. Le dispositif aurait été au contraire justifié par des raisons de sécurité, selon la compagne du président de l'UDI, tandis que la préfecture ne s'est pas exprimée sur le sujet, relatait la journaliste de Libération, Eve Szeftel. Cette dernière a été qualifiée de «diffamatrice» par Jean-Christophe Lagarde, qui n'a pas hésité à affirmer qu'elle se serait mise au service de la «campagne de ragots» et de «bobards» de son adversaire Insoumise.

Autre signe du caractère particulièrement tendu et délétère de la campagne, le suppléant de Raquel Garrido, le communiste José Moury, a été en mai menacé de mort par trois personnes vêtues de sweats à capuche et de masques anti-Covid alors qu’il tractait sur le marché, toujours selon Libération.

Jean-Christophe Lagarde avait conquis en 2002 cette cinquième circonscription de Seine-Saint-Denis ancrée à gauche, après s'être emparé de la ville de Drancy en 2001, faisant basculer au centre-droit ce bastion communiste historique.

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