Mixité sociale dans les collèges, la France mauvaise élève ?

La ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem se penchera peut-être sur cette nouvelle étude.© Charles Platiau Source: Reuters
La ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem se penchera peut-être sur cette nouvelle étude.

Soit très favorisés, soit très défavorisés, de nombreux établissements français seraient frappés par un phénomène de ghettoïsation : c’est le bilan pas très flatteur dressé par deux chercheurs parisiens.

Travaillant tous deux à l’Ecole d’économie de Paris, Son Thierry Ly et Arnaud Riegert ont mené une étude pour tenter de quantifier les ségrégations au sein des collèges français, pour le compte du Conseil national d'évaluation du système scolaire.

Selon leurs calculs, dans une situation de parfaite répartition de la mixité sociale, il faudrait que chaque collégien compte dans sa classe 22% d’élèves CSP+, c’est-à-dire appartenant aux catégories professionnelles supérieures (par exemple, parents chefs d’entreprises, cadres, professions libérales, ou enseignants).

Mais dans la moyenne française, ce n’est pas le cas, puisque chaque catégorie sociale tend à se regrouper dans les mêmes établissements. Ainsi, les élèves issus de familles CSP+ comptent en moyenne 34% d’enfants issus de la même catégorie dans leur classe (12% de plus que la proportion «idéale»). Les enfants moins favorisés, eux, ne compteraient que 18% d’enfants CSP+ dans leur classe.

S’ils peuvent sembler abstraits, ces chiffres révèlent néanmoins de grandes disparités entre les établissements peu favorisés et très favorisés. 5% des collèges comptent seulement 3% ou moins d’élèves CSP+ et la propotion de collèges ne comptant presqu'uniquement des étudiants aisés est aussi de 5% . Selon les chercheurs, cette ségrégation serait plus importante dans les zones urbaines.

Une forte différence existerait également entre les écoles privées et publiques. D’après des chiffres de l’agence gouvernementale Repères et références statistiques, compilés en 2014, les enfants issus de catégories sociales défavorisées représentaient près de 20% des élèves du privé, contre le double dans les établissements publics.

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