«Il est important de défendre la liberté d’expression, y compris sur la question climatique»

L'affaire du licenciement du monsieur météo de France 2 relance le débat sur la liberté d'expression, à un mois de la Cop 21 à Paris. Source: Reuters
L'affaire du licenciement du monsieur météo de France 2 relance le débat sur la liberté d'expression, à un mois de la Cop 21 à Paris.

Benoît Rittaud, membre du collectif des «climato-réalistes» a dénoncé l’impossibilité du débat autour des questions liées au climat dans un entretien avec RT France.

Il est mathématicien et maître de conférence à l’université Paris 13. Mais Benoît Rittaud est surtout connu pour ses positions «climato-sceptiques». Sceptique, il l’est surtout envers ce qu’il appelle la «pensée dominante». Avec ses camarades du collectif des «climato-réalistes» il a lancé une pétition pour que Philippe Verdier, le monsieur météo de France 2, garde son job. Pari raté, puisque l’homme, qui a publié un livre remettant en cause la politique sur le climat à un mois de la Cop 21, a été renvoyé hier. Benoît Rittaud a accepté de nous livrer les raisons qui l’ont poussées à prendre cette initiative et son sentiment sur l’affaire.

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Une bataille pour le droit à s’exprimer

Pour le mathématicien, défendre Philippe Verdier, c’est avant tout défendre la liberté d’expression : «Cette action est d’abord dirigée vers la défense de la parole de ceux qui portent un discours différent, qui ne prônent pas le catastrophisme et remettent en question la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique.»

Comme certains médias étrangers, Benoît Rittaud n’hésite pas à s’interroger sur la nature politique du licenciement de Philippe Verdier. S’il avoue ne pas partager «exactement» les mêmes positions que lui, il se dit «choqué» par son renvoi : «On a pas la réponse de France Télévisions mais à un mois de la Cop 21, on se doute bien qu’il y a un lien et c’est très dérangeant. Quelle que soit son opinion sur le sujet, chacun devrait avoir le droit de s’exprimer.»

Benoît Rittaud est l'une des figures majeures du climato-sceptiscisme en France. © Capture d'écran du site www.math.univ-paris13.fr
Benoît Rittaud est l'une des figures majeures du climato-sceptiscisme en France.

Sortir de l’air du temps

L’universitaire regrette l’hystérie ambiante qui entoure les questions sur le réchauffement climatique : «Si vous exprimez des doutes sur la responsabilité humaine dans l’évolution du climat, vous êtes un méchant, vous êtes le nouveau grand Satan. C’est cela qui rend à peu près tout débat impossible que ce soit médiatiquement, politiquement ou scientifiquement. Ce qui frappe Philippe Verdier en est, en quelque sorte, la preuve. Dès que quelqu’un se permet d’avoir une opinion divergente, il est sanctionné.»

Pour Benoît Rittaud, le désormais ex-Monsieur Météo de France 2 ne serait d’ailleurs pas le seul à avoir une telle pensée : «On sait qu’un ensemble d’autres personnes partagent ce genre d’idée mais préfèrent, pour la sécurité de leur emploi, ne pas en parler.»

Le mathématicien appelle à sortir de cette situation «par le haut» : «On a un grand mouvement qui touche à l’air du temps et qui s’est agrégé autour de ce débat. Il faut que cela cesse. Il faut laisser les gens s’exprimer. Des gens qui ne sont pas dans la doxa. Cela commence par des initiatives comme la nôtre et grâce au courage de Philippe Verdier.»

Le combat continue

La pétition n’a pas déchaîné les foules. Elle compte un peu plus de 18 000 signatures au soir du 2 novembre. Pourtant, Benoît Rittaud garde espoir : «On ne peut pas empêcher un employeur de licencier quelqu’un. Au-delà du nombre, c’est l’impact qu’a eu notre action qui nous donne le sourire. Nous avons, de par cette pétition, reçu des soutiens en provenance de beaucoup de pays.»

Le mathématicien promet que «ce n’est que partie remise». Il continuera à défendre Philippe Verdier «avec ses moyens». Mais pour lui comme pour ses acolytes en pensée, le plus important reste «de faire connaître leur position».

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