Interdiction définitive d'exercer et un an ferme pour un policier qui avait roulé sur un guetteur

- Avec AFP

Le symbole de la justice, au tribunal correctionnel de Douai© Philippe Huguen/AFP
Le symbole de la justice, au tribunal correctionnel de Douai (image d'illustration).
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Un ex-chef de la BAC de Douai a été condamné à deux ans de prison, dont un ferme, et à une interdiction définitive d'exercer pour avoir volontairement renversé un guetteur et lui avoir roulé sur les jambes, des faits jugés «particulièrement graves».

Le tribunal correctionnel de Douai a condamné, le 8 février, un policier, ancien chef de la brigade anti-criminalité (BAC) de Douai, à deux ans de prison, dont un ferme, ainsi qu'à une interdiction définitive d'exercer. Le policier était accusé d'avoir volontairement renversé un mineur avant de rouler sur ses jambes lors d'une intervention en septembre 2021. La peine d'un an ferme sera aménagée avec une détention à domicile sous surveillance électronique et assortie d'un an de sursis probatoire, avec obligation de dédommager la victime.

Avec cette peine allant au delà des réquisitions du parquet, qui n'avait réclamé que deux ans d'interdiction d'exercer, le tribunal de Douai a souhaité sanctionner «un comportement d'une particulière gravité», «totalement incompatible avec sa fonction de policier», a expliqué la présidente, Karolina Siejka, lors du délibéré. Elle a souligné «l'absence totale de remise en question» de ce fonctionnaire de 47 ans, qui avait établi un procès-verbal «erroné» et «cherché à dissimuler» les faits.

L'avocat de la défense, maître Emmanuel Riglaire, a annoncé à l'AFP son intention de faire appel «dès aujourd'hui». Évoquant une «instruction à charge», il estime «que ce dossier ne contient aucune preuve de culpabilité». Policier depuis 24 ans et chef de l'une des deux unités de la BAC de Douai, son client était décrit comme un «chasseur» par des collègues dans les procès-verbaux et avait été suspendu en octobre 2021.

Des versions «fluctuantes» de la part des policiers

Lors de l'audience du 18 janvier, les juges et les avocats avaient peiné à établir clairement les circonstances exactes des faits, survenus le 12 septembre 2021 à Dorignies, quartier de Douai connu pour son trafic de drogue. La victime, un jeune de 17 ans «guetteur» pour des trafiquants, avait assuré s'être enfuie en voyant arriver une Ford break, connue pour être un véhicule de la BAC. A l'issue d'une poursuite, après un choc avec la voiture conduite par le policier, l'adolescent a subi des lésions sur les jambes et une fracture au pied, qui lui ont valu six semaines d'ITT. «Ils m'ont roulé dessus», avait-t-il résumé.

Dans leurs procès verbaux, les policiers avaient assuré que le jeune homme avait «sauté sur le capot», une version réitérée par le prévenu à l'audience. En mettant son véhicule en travers de la route du jeune homme, le policier «a voulu bloquer sa progression», avait expliqué devant le tribunal l'avocat de la défense, évoquant une «technique d'intervention des plus classiques». 

Mais la version de la victime a été «confirmée par de nombreux témoignages», ainsi que par des éléments du dossier comme le certificat médical, contrairement aux versions «fluctuantes des policiers», a expliqué la présidente. Ceux-ci ont notamment «cherché à dissimuler», dans leurs premiers rapports, qu'ils avaient fait usage de gaz lacrymogène, et indiqué que la victime s'était enfuie à vélo, «ce qui n'a jamais été confirmé» par les témoignages.

Si le mis en cause «estime avoir agi de manière professionnelle», ses trois coéquipiers − non poursuivis − «ont fini par admettre qu’ils étaient excédés par son comportement» et «considéré que ce n'était pas une méthode réglementaire», a poursuivi la présidente. Le policier «a fait le choix d'effectuer une manœuvre dangereuse», conduisant son véhicule «à vive allure», les éléments étant «compatibles avec un coup de volant donné par le conducteur pour percuter la victime», a-t-elle détaillé.

Enfin, le policier «affirme que si c’était à refaire, il referait exactement la même chose» et «adopte une position victimaire» jugée «dangereuse» car elle est «de nature à remettre en cause la sécurité et l’intégrité des citoyens», a ajouté la présidente.

«C'est très lourd», a réagi auprès de l'AFP une source syndicale au sein de la police à propos de l'interdiction définitive d'exercer. «On stoppe la carrière» d'un homme qui passait «pour la première fois» devant la justice, a observé la même source. «On aimerait que la justice prononce les mêmes peines, avec la même sévérité pour les auteurs d’infractions, notamment les multirécidivistes», a-t-elle ajouté. Contacté par l'AFP, le ministère de l'Intérieur n'a pas souhaité réagir.

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